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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique D'André Blanchemanche

15160839.jpg"Chambres pour personnes seules" de Juan Manuel SERVIN (Les Allusifs). Court roman d'un écrivain mexicain dont le Lecteur ne se souvient plus dans quelles circonstances il releva le titre et le nom de l'Auteur. Qu'importe! Le voici, le Lecteur, qui se remet à peine d'un choc peu ordinaire. Un choc consécutif à l'extrême violence d'un récit qui narre quelques jours de la vie d'un homme dont l'avenir se borne à son proche lendemain. Qu'il renouvelle donc au terme de chacun des jours au cours desquels il a assuré sa survie. Roman dense, roman d'une âpreté peu ordinaire, roman des souffrances enfouies, roman des combats à la vie à la mort. Si l'œuvre reflète sans aucun doute certaines des réalités mexicaines, elle atteint également à l'universalité, tant il est évident que les réalités particulières atteignent elles aussi à l'universalité.

 

 

"Cette vie" de Karel SCHOEMAN (Phébus). Au seuil de la mort, une vielle femme se confronte aux souvenirs les plus marquants de son existence. "Je me suis souvenue de ce que j'avais oublié, j'ai mis des mots sur ce que je ne voulais pas savoir, ma mission est accomplie..... Le puzzle est étalé devant moi, tous les éclats, tous les fragments sont en place, ma tâche est terminée, et ce n'est pas à moi de juger si le travail a été bien ou mal fait."  Le Lecteur juge, lui, que le travail a été bien fait. Les grincheux reprocheront peut-être la forme classique du roman. L'essentiel n'est pas là. L'écrivain sud-africain a usé du burin pour graver une œuvre d'une exceptionnelle intensité. Tant dans l'évocation de l'histoire d'une famille d'Afrikaners que dans cet art si singulier de peindre les paysages rudes et austères de leur environnement. Au cours de ce siècle, le 19°, où l'enracinement sur des terres étrangères et hostiles s'accompagna d'une multitude de souffrances refoulées. "Cette vie" d'une femme ignorée, sorte d'ombre diaphane, est à coup sûr un des textes sur lesquels il est profitable de s'arrêter longuement. 

 

 

"L'invention de la vérité" de Marta MORAZZONI (Actes Sud). Insensible. Hermétique. Le Lecteur n'a pas ressenti le moindre frisson en découvrant la juxtaposition des deux récits qui évoquent la Tapisserie de Bayeux. (Un argument qui, toutefois, ne saurait justifier l'abandon de l'enseignement de l'histoire pour certains élèves des classes de Terminale.)

 

 

"Véra" de Alexandre SKOROBOGATOV (Autrement). Nikolaï aime Véra. Nikolaï, avec la collaboration d'une ombre ou d'un double, se convainc que Véra le trompe. L'obsession jusqu'à la folie. Plutôt bien narrée. Un roman percutant. Un roman dérangeant. Dans la lignée d'une littérature russe dont le Lecteur fut friand en ses vertes années.

 

 

"Une partie du tout" de Steve TOLTZ (Belfond). Une oediperie australienne qui n'a jamais concerné le Lecteur.

 

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Philippe Maréchal

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mobensim 10/01/2010 16:23


André Blanchemanche me redonne goût à la lecture de romans...Merci.


LCFR 10/01/2010 08:49


pourquoi écrit-on encore un roman où une femme "trompe " un homme ,ou le contraire , alors que c'est précisément ce qui est recommandé et programmé aujourd'hui  ?