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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

En attendant un petit résumé des rencontres "Les Ecos Dialogues" au Vigan, Gard,  premier weekend organisé sur ce thème par la municipalité et que je couvre en images, avec pour inivités à cette première  d 'une série de trois programmée cette année, Francis Hallé longtemps directeur scientifique du radeaux des cîmes  et fou de canopée...Philippe Danton naturaliste, petit fils de Robinson Crusoé et Vincent Tardieu écrivain et journaliste scientifique voici la necessaire et  belle chronique d'André....

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"Cadence" de Stéphane VELUT (Bourgois). 1933. L'avenir de l'Allemagne nazie ne peut être que radieux. A Munich, un peintre est chargé d'exalter cet avenir dans la réalisation du portrait d'une fillette. D'où un sulfureux huis-clos. Au long duquel le Lecteur a ressenti comme une sorte d'oppression. L'étouffement. La nausée. Une inaccoutumance à l'horreur.

 

 

"Quand je serai roi" de Enrique SERNA (Métailié). Un passionnant roman qui ne se résume pas à la mise en parallèle des destinées de deux enfants que tout oppose. Le pauvre, le démuni qui se fait quelques sous en lavant des pare-brise et qui inhale des vapeurs de colle, lesquelles l'emportent dans des rêves insensés. Le riche, le nanti, enfermé dans les prisons dorés du virtuel et qui s'essaient à jouer avec les armes que collectionne son papa, un parvenu qui fait carrière dans la "communication". Ce roman n'est donc pas réductible à cette confrontation. Il se coltine les réalités sociales, politiques, culturelles du Mexique. Il les met à nu, à travers quelques personnages tous plus abominables et pitoyables les uns que les autres. Le Lecteur s'est enthousiasmé à lire puis relire le sidérant autoportrait (du moins, le Lecteur le considère-t-il comme tel) dans lequel un journaliste confronte ses utopies au lâche contenu conforme de ses articles. "Quand je serai roi", roman mexicain, renvoie un reflet qui, à quelques nuances près, présente bien des analogies avec les processus en cours dans les vieilles sociétés prétendument démocratiques.

 

 

"Vengeance du traducteur" de Brice MATTHIEUSSENT (P.O.L.). L'Auteur n'est pas un inconnu. Le Lecteur a souvent vu son nom accolé à celui de célébrités littéraires (Harrison, Bass, Oates, Fante, Kerouac....). Normal, puisque Brice Matthieussent excelle dans les traductions. "... je suis -c'est bien connu - l'humble artisan, le travailleur de l'ombre, le mineur de fond piochant dans l'obscurité de sa galerie, avec pour seule lumière ses dictionnaires, pour seul outil sa sagacité, pour uniques objectifs la fidélité et le labeur quand l'infidélité et la paresse sont les deux mamelles de la fiction!"

Le ton est donné. Le Traducteur s'introduit dans le domaine de l'Auteur. Par la petite porte. Par le truchement de ce que chaque Lecteur a découvert dans les œuvres traduites: les N.d.T. (les Notes du Traducteur) qui occupent parfois les bas de page. Des notes qui constituent le point de départ du roman: celles qu'accumule un traducteur français chargé de transposer un roman américain en langue de chez nous.

Toutes les données sont peu à peu inversées. Surgissent d'étranges personnages. Le vieil Ecrivain finissant qui impose au Traducteur les égarements dans un étrange labyrinthe. La Lolita surgie d'on ne sait où. Une Sans Domicile Fixe aux tétonnantes exaltations érotiques.

Le Lecteur a savouré ce pur moment de folie littéraire. Car tout ce savoure dans ce roman. Du grand art.

"..... oh j'ai oublié de t'en parler, à la différence de l'autre tunnel mon passage secret ne mène nulle part, aucune réserve des costumes, des uniformes et livrées ne t'y attend, aucun théâtre, nulle loge, aucun trou du souffleur, ce n'est pas non plus un tunnel pour s'échapper d'une cellule de prison ou du cul-de-basse-fosse d'un château fort, non, tu n'y traduiras rien, oui, continue, encore, plus fort, tu ne transporteras à l'autre bout de moi aucune marchandise verbale, aucun mot déguisé ni fruit défendu, nulle lettre maquillée cachée cachetée volée enfin révélée....."

Et si Brice Matthieussent administrait dans ce roman la preuve que l'excellent Traducteur et d'abord et avant tout un Ecrivain hors normes?

 

 

"La lamentation du prépuce" de Shalom AUSLANDER (10/18). Un véritable règlement de compte. Avec le dieu des juifs (qui n'est guère différent des deux autres, celui des chrétiens et celui des musulmans). Les errements d'un futur papa, épicier en communication. Iconoclaste? Pas si sûr. Plutôt roublard. Mais si drôle (et si souvent drôle) que le Lecteur n'a su retenir des éclats de rire nocturnes. Puisqu'il a dévoré ce roman au cours de ses heures d'insomnie.

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Philippe Maréchal

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