Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

15160839.jpg"Blues" de Alain GERBER (Fayard). Voilà bel et bien un roman, un merveilleux roman. L'œuvre d'un passionné de jazz (je recommande, en passant, la lecture de son "Miles, ce feu paisible"). La naissance du blues. Bouleversante, fascinante musique que le Lecteur aborda voilà bien longtemps lors d'un concert de John Lee Hooker.

Le Lecteur insiste: ce livre n'est pas une histoire du blues, ce livre est bel et bien un roman qui raconte comment un esclave, un peu moins défavorisé que ses pairs, s'initia au piano en ses formes les plus classiques avant que de progressivement s'en émanciper et "d'inventer" la nouvelle musique dans un bordel de la Nouvelle-Orléans. Au lendemain de la Guerre de Sécession, lorsque les esclavagistes n'ont alors de cesse de récupérer leurs privilèges. Ce roman vibre à la façon du blues. Il en devient comme une juxtaposition de ces musiques à nulles autres pareilles.

"Dans un cadre donné, par exemple un spiritual, les notes nègres tombent toujours aux mêmes endroits. A Huttington, je m'aperçus que, dans la musique née de mon imagination, leur surgissement était tout aussi prévisible. Ayant établi ce constat, je m'efforçai en somme de les mettre en scène, voire d'entourer leur entrée d'un certain apparat, au lieu de les laisser simplement se manifester quand, pour de mystérieuses mais impératives raisons, elles ne pouvaient plus être contenues. Qu'elles fussent désormais présentes sur un clavier qui n'avait pas été conçu pour les accueillir facilitait mon entreprise dans des proportions considérables, à condition bien sûr de m'exprimer dans des tonalités adéquates. Mon champ d'action s'en trouvait limité, c'était incontestable. En même temps, il existait tout à coup, circonscrit en périmètre de ce rectangle où quatre-vingt-huit touches étaient rangées, un champ d'action pour ce qui n'avait encore été que songeries, utopies, hallucinations, chimères....."

Le Lecteur n'en a pas fini de revenir vers ce roman à la fois si dense et si singulier.

 

 

"Quelques nouvelles de l'homme" de Eric FAYE (José Corti). Des nouvelles plutôt pas rassurantes. D'un homme égaré dans un monde pas vraiment fait pour lui. Qui tente d'incertaines évasions. Qui échoue. Qui s'englue dans un quotidien sinistre. Il y a du Borges dans ces dix nouvelles-là. Avec tout plein de phrases qui ont ravi le Lecteur. Tenez: "Le camion des éboueurs va se présenter bientôt au haut de la rue pour collecter les songes des hommes. Il n'aura pas trop de sa grande benne." Ou bien encore: "Lorsqu'on refuse..... Lorsqu'on n'est pas d'accord, que dit-on au lieu de dire oui?"  Dix nouvelles qui renvoient un inquiétant reflet de ce que nous sommes. Sans cris ni gesticulations superflus. Un miroir auquel il est urgent de se confronter.

 

 

"Golden Gate" de Vikram SETH (Grasset). Du Christian Jeanjean, mais un peu plus conséquent A peine plus pertinent. Soit donc un roman écrit en alexandrins. Classiquement original.

(Christian Jeanjean? Vermifugeur palavazouilleux qui alexandrine une fois l'an ses vœux à des autochtones médusables.)

 

 

"Le Fils de la Mort" de Adrian Mc KINTY (Folio Policier). La fin de l'Ira. En ces années où la paix se négocie entre le gouvernement anglais et l'armée de l'ombre. L'IRA qui entreprend de nettoyer ses écuries et d'éliminer les groupuscules qui refusent d'abandonner la lutte armée. Un travail souterrain qu'elle accomplit, aux USA, avec l'aide du FBI. Michael Forsythe participera au grand nettoyage d'automne. Donc tout plein d'hémoglobine. Un polar à l'ancienne auquel se greffe une histoire d'amour d'un romantisme noir.

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Philippe Maréchal

citoyen du monde
Voir le profil de Philippe Maréchal sur le portail Overblog

Commenter cet article

mobensim 28/02/2010 19:49


Tu m'as donné l'envie de "Blues"...merci.


Yola 28/02/2010 18:51


 Savoir dire non, surtout dans des situations où beaucoup disent oui ou se contentent de ne rien dire, pas facile; faut apprendre en fait… Ta critique du livre d'E Faye donne envie de
découvrir ses nouvelles.