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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

"Le Londres-Louxor" de Jakuta ALIKAVAZOVIC (L'Olivier). "Si seulement la paix était l'absence de guerre...."  La guerre, celle dont on ne parle plus.La guerre qui déchira ce que fut la Yougoslavie. La guerre en arrière plan du roman mais toujours omniprésente. Comme une blessure qui ne se refermera pas. La jeune femme disparue dans de mystérieuses circonstances. Et que recherche sa soeur et son compagnon. Dans la proximité d'énigmatiques personnages.

Voilà un vrai roman, un roman à la construction aboutieLe roman d'une auteure en devenir en devenir, si du moins les épiciers en édition lui laissent le temps d'atteindre à sa pleine maturité.

"Le livre des morts de Bosnie-Herzégovine recensait les disparus, les liait à leur décès. La date de ce dernier, ses circonstances,, ainsi que son lieu (y avait-il eu combat? y avait-il eu déplacement, concentration?). Le Livre des morts était inachevé et le resterait sans doute...."

 

 

"L'Agfa Box" de Günter GRASS (Seuil). Le Lecteur s'étonne. Il s'étonne du silence de la critique autour des "histoires de chambre noire" concoctées par le prix Nobel de littérature. Un peu comme si l'écrivain allemand n'était désormais plus fréquentable, depuis ce temps où il révéla qu'adolescent, il fut enrôlé au cours des derniers mois de la seconde guerre mondiale dans les rangs d'une armée nazie à bout de souffle. Puisqu'il fallait alors de la chair à canon pour tenter de sauver ce qui pouvait l'être encore. Le Lecteur, lui, ne renie rien. Et surtout pas sa proximité avec Günter Grass. Lequel figure parmi les plus grands écrivains qu'il ait jamais fréquentés.

L'Agfa Box, appareil basique réservé à l'usage exclusif de Mariette, aura donc enregistré, traduit, déformé, transformé, reconstruit tous les instants essentiels qui jalonnent la vie et l'oeuvre de l'écrivain. Le roman, lui, éclaire cette oeuvre, à travers les témoignages des huit enfants de l'auteur. Frères et soeurs à demi mais qui toutes et tous font revivre les errements d'un homme qui prétend: "Ceux qui cherchent, ils me trouveront caché dans des phrases courtes et des phrases longues..." Aucune trace d'autojustification dans ce roman qui ne se situe pas à la marge de l'oeuvre, qui en constitue, bien au contraire, comme une sorte de révélateur. Photographies obligent.

"Avec lui, c'est comme ça. Depuis toujours. "Il faut faire le deuil", voilà ce qu'il a dit. Chacun d'entre nous pouvait quand même bien comprendre que tout ce qu'il a vécu, quand il était jeune et portait des culottes courtes, il a fallu après qu'il en vienne à bout complètement par un long travail. Toute la merde nazie retournée sans arrêt. Ce qu'il a su de la guerre, ce qui lui a foutu les jetons, et pourquoi il a survécu...."

 

 

"Bella Ciao" de Eric HOLDER (Seuil). Si n'était le titre, le lecteur n'aurait quasiment rien retenu de ce court roman. Ce qu'il estime dommageable, tant quelques-unes de ses précédentes rencontres avec l'écrivain lui avaient procuré d'évidentes satisfactions.

 

 

"La vérité sur Marie" de Philippe TOUSSAINT (Editions de Minuit). Antépénultième illustration du lent mais inexorable dérapage des Editions de Minuit vers le niveau intermédiaires des harlequinades.

 

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Philippe Maréchal

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