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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

"La femme de midi" de Julia FRANCK (Flammarion). Le Lecteur avoue sa perplexité. Lui qui depuis un demi-siècle s'évertue à comprendre pourquoi le peuple allemand se laissa séduire par le nazisme jusqu'au point de devenir le protagoniste majeur de la plus ignoble des barbaries. Lui auquel maîtres et parents ne laissèrent par ailleurs pas le choix de se confronter à la culture de ce peuple et qui s'essaie toujours (mais de plus en plus mal!) à en pratiquer la langue. Donc, la perplexité. Nimbée de scepticisme. Ce roman ("Die Mittagsfrau" en VO) n'est de toute évidence pas un chef d'oeuvre. Tout juste un texte bien construit (Le Lecteur a tout de même ressenti quelques imprécisions dans la traduction). Qui narre, pour l'essentiel, la vie d'une jeune femme (mi sang pur mi sang impur, selon la terminologie d'alors) et sa rencontre avec un authentique germain. En ces temps où l'ancien caporal de la Wehrmacht conquiert le pouvoir par la voie démocratique. Le roman s'enlise, le roman s'englue très vite dans un certain conformisme si présent, autrefois, dans la littérature des pays dits du "socialisme réel".

 

 

"La tache aveugle" de Emmelene LANDON (Actes Sud). Le Lecteur, voyageur immobile, n'a point perdu son temps: il a visité quelques-unes des salles du British Museum. Il a découvert Alexander Cozens ainsi que son fils, John Robert. Il s'est quelque peu familiarisé avec les trois soeurs étudiantes aux Beaux Arts. Il s'est enfin vaguement épris de George, bourlingueuse au long cours. Reste tout de même qu'il ne s'est pas enthousiasmé. Comme s'il avait manqué à ce roman fort bien conçu le petit brin de folie qu'il attendait.

 

 

"Monsieur Ki" de Koffi KWAHULE (Gallimard).Il existe bel et bien une littérature africaine. La preuve. Voilà un roman décapant, sous-titré "Rhapsodie parisienne à sourire pour caresser le temps". A peine altéré par quelques scories. Un roman qui se lit jusqu'à en perdre haleine. D'un village africain jusqu'à Paris. Une histoire où la folie se conjugue à la sagesse que le Lecteur ne qualifiera évidemment pas d'ancestrale. Le roman ne se raconte pas. Juste un court extrait afin d'en laisser deviner toute la saveur.

"Le général de Gaulle, c'était son dieu. Il était pour lui l'homme qui avait prouvé que les Français eux aussi étaient des hommes. Parce que la guerre, disait-il, les Blancs de France ne l'avaient pas vraiment faite; les Allemands étaient venus occuper la terre de France comme si jamais auparavant ce pays n'avait été habité par des hommes. Alors de Gaulle, ce véritable dieu-blanc, avait eu l'intelligente humilité de faire appel à eux, eux, les tirailleurs sénégalais.....

De Gaulle avait donc fait appel à eux, et ils ne l'avaient pas déçu devant les siens; ils avaient prouvé que les véritables guerriers, c'étaient eux. Et cette médaille qui ne le quittait jamais, c'est de Gaulle lui-même qui la lui avait mise sur la poitrine en lui disant: Wala midaill' pasqué toi courangé. Pour lui la France, c'était de Gaulle. Voilà pourquoi le drapeau tricolore s'appelait de Gaulle."

(Une précision cependant: ce valeureux guerrier s'appelle Aléman et son épouse Gestapo.....)

 

 

"Retour de flammes" de Adrian McKINTY (Série Noire/Gallimard). Un amoncellement de cadavres. Des torrents d'hémoglobine. Le Juste triomphe et gagne l'amour de celle qui s'était promis de lui faire la peau. Le Lecteur confirme: un polar ne se raconte pas. Il précise cependant que les seules pages auxquelles il ait sensible sont celles que McKinty consacre à l'Irlande: ses villes, ses paysages, son ciel, ses parfums....

 

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Philippe Maréchal

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