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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

 

"Animaux fragiles" de Tawni O'DELL (Belfond). Roman hollywoodien, façon Clint Eastwood. D'où la déception du Lecteur qui avait déjà fréquenté Tawni O'Dell ("Le ciel n'attend pas") et qui avait alors pris beaucoup de plaisir à cette fréquentation. Ses griefs ne relèvent pas tant de l'apologie de la tauromachie qui parcourt cette oeuvre que de la confection d'une machinerie littéraire qui joue sur un pathos des plus convenus. Les deux orphelins. La vieille milliardaire au grand coeur. Et quelques comparses qui composent les deux camps: celui des bons et celui des méchants. Reste tout de même qu'il y a du talent chez Tawni O'Dell. Du vrai et du beau talent. Mais un vrai et un beau talent ensevelis sous un fatras de lieux communs. Un vrai et beau talent qui parvient cependant à émerger dans les pages que le Romancière consacre à celles et ceux que la société américaine confine à ses marges.

(Tawni O'Dell est par ailleurs desservie par une relecture jemenfoutiste du texte de la traduction. D'où un nombre anormalement élevé de fautes et d'omissions de toutes sortes. Un exemple? "Vous saviez très bien comment ça aller tourner!". ! Le Lecteur décerne le bonnet d'âne à l'inconséquent Editeur.)

 

 

"Entre les murs" de François BEGAUDEAU (Verticales). Produit fort méprisable destiné à satisfaire les obsessions des couches moyennes, inquiets du devenir de leur progéniture et qui ont trouvé dans ce fatras tous les arguments justifiant leur désertion de l'école de la raie publique. Le "roman" prend toutes les apparences d'un très mauvais exercice journalistique à peine digne du plus médiocre des torche-cul qui sont une spécificité bien française. Le Lecteur ne s'étonne toutefois pas des éloges prodigués au Romancier par la Critique arrimée aux basques des Epiciers de l'édition.

 

 

"L'odeur des pommes"de Mark BEHR (Jean-Claude Lattès). L'Afrique du Sud du temps de l'Apartheid vue par un gamin de dix ans. Un gamin dont le papa, militaire de carrière, collabore au système que condamna la communauté internationale. Un gamin qui vit dans un cocon mais qui entrevoit parfois le pire. Lorsque le monde extérieur s'impose à lui ou lorsque certains des reflets de ce monde extérieur s'insinuent jusqu'à lui. Ou bien encore lorsqu'un étrange visiteur établit un lien entre l'Afrique du Sud du début des années 70 et le Chili de Pinochet. Le roman s'articule autour du récit des observations de ce gamin-là. Un récit que ponctuent, de temps à autre, de brèves annotations sur la guerre que l'Afrique du Sud mena en Angola. La guerre de celui qui est alors devenu un homme. Le Lecteur a vibré lors de la découverte de ce roman qui éclaire de façon fort intelligente ce que furent les dernières années du régime de l'Apartheid.

 

"Le Club des Incorrigibles Optimistes" de Jean-Michel GUENISSIA (Albin Michel). Voilà un roman particulièrement ambitieux. Un roman qui juxtapose le récit d'une adolescence (qui parcourt le tout début des années soixante) à l'évocation des rencontres de quelques exilés qui ont fui le paradis du socialisme réel. Des rencontres sous la haut patronage de Sartre et de Kessel. Dans l'arrière-salle d'un bar parisien. Le Lecteur s'est installé à la périphérie du roman. Sans jamais ressentir le désir de s'installer au coeur de l'oeuvre. Sauf en ces rares instant au cours desquels Jean-Michel Guenissia démontre, avec talent, qu'il a lu et assimilé les ouvrages qui relatent les plus sinistres épisodes du communisme soviétique. Mais dans l'ensemble, l'ambitieux projet, par manque de souffle et d'élan, se confine dans une sorte de périmètre étroit. Dès lors, Sartre et Kessel ne servent que d'alibi littéraire. Ce qui est dommageable.

 

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Philippe Maréchal

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