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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

 

"Le chanteur de Gospel"de Harry CREWS (Folio/Policier). Un vieux polar (1968) à l'américaine. Du polar qui se contrefout du côté flicailleux des choses. Du polar qui s'immerge dans les réalités sociales et qui les décortique. Du polar qui laisse deviner que ce ne fut jamais très drôle pour les damnés de la terre. Même à Enigma, Géorgie, USA. D'où s'extirpa le Chanteur de Gospel. Qui fit carrière. Mieux encore: qui outrepassa les limites que l'on assigne normalement à la gloire. Puis qui s'en revint à Enigma. Pour un concert. Enigma où venait d'être assassinée Mary Bell. Point de suspens: le meurtrier croupit dans une geôle infâme. Mais le Chanteur de Gospel n'accomplit-il pas des miracles? La foi soulève parfois des montagnes et le rêve américain emprunte bien souvent des chemins de traverse!

 

 

"Dans la ville des veuves intrépides" de James CANON (Belfond). La filiation avec Garcia Marquez constitue-t-elle une garantie? Assurément non. Du moins sur le versant littéraire. Mais le Lecteur ne fait toutefois pas la fine gueule. L'histoire du village perdu dans la montagne colombienne ne manque pas de saveur. D'autant que la guérilla va priver les femmes de leurs époux. Et que les dites femmes s'accommodent très bien de ce vide. Au point qu'elles inventent une nouvelle forme d'organisation sociale et qu'elles imaginent même les contours d'une nouvelle approche de l'action politique. Ne manquent à ce roman que les épices qui conféraient à ceux de Garcia Marquez un goût inimitable.

 

 

"Point Omega" de Don DELILLO (Actes Sud).Voilà un roman étrange, déroutant, dérangeant. Un roman qui juxtapose deux histoires. Deux histoires qui côtoient le vide. Donc la mort. Nourries de cette obsession quasiment permanente dans l'oeuvre Delillo: le temps. Le temps qui peut s'étirer à l'infini, comme dans la projection au ralenti de "Psychose", le célébrissime film d'Hitchcock. Mais le temps qui trace son sillon. Chez le vieil universitaire spécialiste la "loi de l'extinction". Mais aussi chez le Lecteur a qui Delillo tend comme un reflet du possible de son devenir.

 

 

"Pour repartir du pied gauche" de Jacques JULLIARD (Flammarion/Libération). Il eût été plus juste de titrer cet opuscule: "Pour repartir de la couille gauche". Puisque les grands esprits qui commentent ou réfutent les vingt thèses de Jacques Julliard sont tous des mâles. Des mâles virilement installés en politique. Le Lecteur salue l'effort accompli par un presque quinquagénaire pour se convaincre enfin que le capitalisme, ça vous fout une merde pas possible. Mais le Lecteur, qui n'est pas dupe, n'a rien trouvé, ni chez Julliard ni chez ses contradicteurs, qui puisse lui indiquer où situer une éventuelle sortie de secours. Sous la tutelle de ces gens-là, le capitalisme mortifère a encore de beaux jours devant lui.

 

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Philippe Maréchal

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