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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

 

"L'accordeur de pianos" de Pascal MERCIER (10/18). Le Lecteur n'a toujours pas quitté le train de nuit pour Lisbonne à l'intérieur duquel il effectue d'incessants allers et retours. Ce qui explique peut-être les difficultés qui furent siennes à écouter les partitions remises à l'ordre du jour par l'accordeur de pianos. Le Lecteur s'explique: chronologiquement "L'accordeur de pianos" est antérieur à "Train de nuit pour Lisbonne". Mais voilà, il découvrit et s'enthousiasma pour le second avant que d'ouvrir puis de lire le premier. Lequel n'est pas à la hauteur de celui qui lui succéda, la hauteur littéraire, comme de bien entendu. Même si l'histoire de l'accordeur de pianos (qui trucida un célébrissime ténor - du moins Pascal Mercier le laisse-t-il tout d'abord croire -), contient en germes les ingrédients qui, quelques années plus tard, feront de "Train de nuit pour Lisbonne" un roman d'exception. Reste tout de même que "L'accordeur de pianos" n'est pas une oeuvre à négliger, qu'elle est celle d'un écrivain qui s'essaie à explorer des territoires inconnus, qui parfois s'égare, mais qui déjà plane bien au-dessus des fadaises qui font les délices des épiciers en édition.

 

 

"Les divins mondains" de Ottiero OTTIERI (Autrement). Autrement est une maison d'édition qui n'a rien à voir avec l'épicerie. Bien au contraire. C'est qu'il en faut du culot pour faire traduire puis publier un roman paru en Italie en 1968. Or, ce roman, au demeurant d'une brûlante actualité, appartient à cette catégorie littéraire qu'il est aujourd'hui de bon ton de marginaliser. Pensez donc! Une satyre au vitriole! Et, qui plus est, la satyre des puissants, des qui ont le cul cousu d'or. Rien à voir avec les anxiogènes angoteries ni les houellebecqueuses torcheculteries. "Les divins mondains", c'est un féroce coup de tatane dans la fourmilière où se confinent les nantis. C'est également un exceptionnel exercice littéraire. Le Lecteur assume l'intégralité de son bref mais enthousiaste propos.

 

 

"Le voyage de l'éléphant" de José SARAMAGO (Seuil). Le roman n'est parvenu que tardivement au Lecteur. Normal: d'autres lecteurs se le disputaient, d'où sa longue absence sur les rayonnages de sa bibliothèque préférée. Le roman est enfin parvenu au Lecteur précédé d'une flatteuse réputation. Ce qui explique sans doute sa déception. Certes "Le voyage de l'éléphant" l'a captivé, cet étrange périple, au milieu du seizième siècle, d'un pachyderme et de son cornac, de Lisbonne à Vienne, en passant par Gênes. Certes, dans ce récit faussement historique, Saramago esquisse un tableau peu reluisant de la société européenne contemporaine. Certes, le Lecteur a souvent souri. Mais il ne s'est pas laissé abuser par l'usage de quelques artifices qui alourdissent, diluent et affadissent parfois le propos.

 

 

"Inassouvies, nos vies" de Fatou DIOME (Flammarion). Le Lecteur partage tant et tant des colères et des indignations de Fatou Diome qu'il s'évitera toute remarque déplaisante sur ce roman. Un roman qui raconte la rencontre d'une jeune femme esseulée et d'une vieille dame que ses proches expédient au mouroir. Deux personnages qui évoluent à la périphérie de la société des couches moyennes aisées, lesquelles exhibent leurs boursouflures et leurs purulences.

 

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Philippe Maréchal

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lucifer 05/12/2010 10:02



faut pas non plus dévaloriser systématiquement les garçons-épiciers .


beaucoup sont raffinés et de précieux conseil et certains romans ne sont pas toujours déplacés parmi les épices .