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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

 

"Le goût amer de la justice" de Antonio MONDA (Stock). Un petit goût de déception. Point trop amer toutefois. Mais le Lecteur attendait un récit plus épicé (peut-être se montre-t-il trop exigeant à l'égard des auteurs italiens?). Or, cette histoire du vieil et brillant avocat et de son élève et assistant peine à s'extraire des poncifs. Même lorsque les deux hommes sont amenés à préparer la défense d'un individu accusé à tort (??) de pédophilie.

 

 

"Dublinesca" de Enrique VILA-MATAS (Bourgois)."Il appartient à la lignée de plus en plus clairsemée des éditeurs cultivés, littéraires. Emu, il assiste chaque jour au spectacle de l'extinction discrète, en ce début de siècle, de la branche noble de son métier..." Voilà pour la présentation de Samuel Riba, l'Editeur. Un Editeur avec lequel ne Lecteur ne cesse plus de dialoguer depuis qu'il a refermé le livre. Tant il partage d'inquiétudes avec Riba/Vila-Matas sur le devenir de la littérature, cette "vénérable vieille putain".

Voici un livre d'un pessimisme ravageur, d'un pessimisme qui bouscule et qui contraint à l'interrogation, donc un livre d'un pessimisme salutaire. Le monde de la culture hérité de Gutenberg se meurt. Lui succède déjà celui de la gougueulisation, du fourre-tout, qui prive l'homme de repères en l'englue dans un magma infâme. Afin de tenter de s'extraire de ce magma, Riba entraîne à Dublin quelques amis écrivains. De Joyce à Beckett. Une errance dans le "cimetière catholique de Glasnevin". La traditionnelle photo de groupe, "tous serrés maintenant autour de la famille joycienne". Puis: "C'est, semble-t-il, l'endroit idéal pour prononcer les paroles funèbres en l'honneur de l'ère Gutenberg..."

L'Editeur qui n'édite plus se cherche une rédemption. "Il se hait lui-même pour son erreur d'hier, mais aussi pour avoir été si maladroit et ne pas avoir su trouver un écrivain capable de rêver malgré le monde, de structurer celui-ci de manière différente. Un grand écrivain à la fois anarchiste et architecte. Il lui aurait été égal qu'il soit mort. Un type vraiment génial, un seul aurait suffi. Quelqu'un qui aurait été capable de détruire et de reconstruire le paysage banal de la réalité..."

Le Lecteur n'a désormais de cesse que de se confronter une seconde fois à ce pessimisme salutaire qui émane du livre de Enrique Vilar-Matas.

 

 

"La ville absente" de Ricardo PLIA (Eulma). Le Lecteur s'est immergé dans ce très "borgésien" roman qui entremêle les récits, entre la fiction et l'histoire, l'une et l'autre aux frontières imprécises. "Il n'y a jamais de première fois dans le souvenir, c'est seulement dans la vie que le futur est incertain, dans le souvenir la douleur est toujours semblable, exacte, dans le présent il faut éviter certains lieux à mesure qu'on traverse le passé sous l'oeil de la caméra..." Il est ressorti de cette immersion avec le sentiment que le monde dans lequel il vit ne concède que peu d'espaces au rêve. Mais que l'insoumission reste à l'ordre du jour quoi que prétendent les idéologues dont le regard n'englobe rien d'autre que le reflet des médiocrités ambiantes.

 

 

"Chasseur de têtes" de Jo ESBO (Série Noire/Gallimard). Qui du prédateur ou de la proie? Qui remportera la partie d'échecs? Le Lecteur se désagrège. La fréquentation du polar, même s'il s'en vient de Norvège, ne l'exalte plus.

 

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Philippe Maréchal

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