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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

"Le violon d'Hitler" de Igal SHAMIR (Plon).Un excellent polar qui juxtapose deux récits. D'une part les recherches afin de déterminer les interférences entre Salomone Rossi et Claudio Monteverdi. D'autre part le pourquoi de l'assassinat commandité par Hitler d'un violoniste allemand qui, en 1940, tenta d'élucider le mystère. Quand, près de soixante ans plus tard, un cardinal approche un violoniste qui fut un agent des services secrets israéliens. Alors que Salomone Rossi, violoniste et compositeur d'origine juive, avait mystérieusement disparu en 1630. Le Lecteur ne le nie pas: cette succincte présentation est plutôt confuse. Comme feint de l'être le roman qui rebondit entre les deux moments fort éloignés l'un de l'autre de l'histoire. Pourquoi Hitler fit-il trucider le violoniste allemand? Qu'avait donc trouvé celui-ci dans l'opuscule consacré par Vincent d'Indy à

Rossi et Monteverdi? Pourquoi, près de soixante ans plus tard, d'étranges personnages s'efforcent, par des moyens très peu licites, de s'approprier les résultats des recherches conduites par le violoniste israélien? Qui donc agit encore au sein de la curie romaine pour protéger d'anciens nazis?

Voilà un polar qui a de la gueule et du souffle. Voilà un roman qui rappelle avec beaucoup de véhémence ce que furent les connivences entre le Vatican et le pouvoir hitlérien. Le Lecteur s'est enthousiasmé. A une nuance près: la complaisance de Shamir à l'égard de la politique israélienne. Une complaisance qui, derrière quelques phrases d'apparence anodines, justifie ce qui provoque la colère du Lecteur et que les plus avertis d'entre vous identifiera.

 

 

"Les heures souterraines" de Delphine de Vigan (JC Lattès). L'abomination. Le système d'exploitation qui malmène et broie. Mathilde, dont le charisme et le talent lui permirent de gravir les échelons au sein d'une entreprise de "communication". Mathilde dont le "patron" prend ombrage de la résistible ascension de sa subordonnée. Et qui n'aura de cesse de s'en débarrasser. Puisque, somme toute, il n'agit que d'une chose accessoire, une "ressource humaine".

Delphine du Vigan narre avec beaucoup de pertinence la lente descente aux enfers d'une femme qui ne comprend rien au pourquoi de sa subite disgrâce. Sauf, et tout de même, que l'écrivaine s'est confortablement installée dans une narration qui s'évite d'affronter le système. D'abord en accablant Mathilde de souffrances annexes consécutives à veuvage précoce. Ensuite en lui greffant le personnage d'une "directrice des ressources humaines" qui lui manifestera soutien et compassion. Le roman s'inscrit dès lors dans l'air du temps: il s'indigne. Ce qui limite son propos. Malgré le contrepoint que propose Thibault, médecin urgentiste, que Mathilde croisera, sans l'approcher, dans le couloir du métro alors que le roman s'achève.

Mais qui donc malmène et broie tant et tant d'êtres humains? Quelques chefs jaloux, envieux, acariâtres? Ou bien un système qui a un nom? Un nom dont Delphine de Vigan ne fait jamais usage, dont elle n'esquisse même pas la présentation. Le capitalisme.

 

 

"J'ai confiance en toi" de Massimo CARLOTTO et Francesco ABATE (Métailié). Un polar sarde. L'histoire d'un ignoble trafiquant d'aliments avariés qui remplissent les rayons des magasins discount. (Terrifié, le Lecteur se promet de ne jamais fréquenter ces magasins-là!). Une dénonciation vigoureuse, une dénonciation sans concession des méthodes dont usent et abusent ceux qui sont lancés dans une course effrénée aux profits. Et le pire est sans doute à venir, puisque l'ignoble trafiquant, au terme de sa sinistre odyssée, se verra contraint de se mettre au service de la mafia russe!

 

 

"Artères souterraines" de Warren ELLIS (Au Diable Vauvert). Le genre de roman qui n'accorde aucun moment de répit. Même lorsque la "compagne" du Privé découvre, à Las Vegas, des préservatifs à l'effigie de Jésus. Un Privé, véritable "aimant à merde", qui est embauché par une sorte de chef de cabinet de la Maison Blanche pour retrouver une étrange version de la constitution des USA. Une version qui contiendrait "vingt-trois amendements qui ne peuvent être lus que par le président, le vice-président et le chef de cabinet. C'est un petit volume écrit à la main et soi-disant relié avec la peau d'une entité extra-terrestre qui aurait inspecté le cul de Benjamin Franklin pendant six nuits à Paris..." Voilà. Le ton est donné! Le Lecteur a lu d'une seule traite le récit de cette délirante enquête. Un roman « translittéraire » qui s'en vient occuper une place originale dans le petit monde de l'édition.

 

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Philippe Maréchal

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