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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

"Nos cœurs vaillants" de Jean-Baptiste HARANG (Grasset). Un gentillet retour sur l'enfance, les jolies colonies de vacances dans le Jura, les cœurs vaillants d'obédience papistouilleuse, le curé qui que quoi dont où. Et tous les copains. Dont celui qui, un demi-siècle plus tard, expédiera une lettre anonyme à l'auteur. Lettre qui obligera l'écrivain à remuer le passé. Sans se hasarder à s'immerger dans les profondeurs. Les abîmes ne sont donc que supposés ou imaginés. L'imagination? Celle du Lecteur ne connaît aucune limite dès lors qu'il est question du clergé et de ses turpitudes.

 

 

"La huitième vibration" de Carlo LUCARELLI (Métailié). Roman d'aventure. L'Italie à peine unifiée se lance dans la conquête coloniale. Dans la corne de l'Afrique. Avec un temps de retard sur les autres puissances européennes. Des soldats mal préparés, qui peinent à se comprendre, puisque si le pays s'est unifié, la langue ne l'est pas encore. Le roman contient tous les ingrédients du genre. Des ingrédients auxquels le Lecteur a beaucoup trop goûté il y a bien longtemps pour se laisser, désormais, abuser par leur saveur.

 

 

"La malédiction des colombes" de Louise ERDRICH (Albin Michel). Ce fut un réel bonheur pour le Lecteur que de retrouver Louise Erdrich. Après "La chorale des maîtres bouchers", après "Ce qui a dévoré nos cœurs". Nulle manifestation d'un quelconque pédantisme: le Lecteur fut retraitouillé voilà bientôt dix ans et dispose de tout le temps dont il veut faire usage pour se livrer à ce noble exercice qu'est la lecture.  Alors? Fidélité à l'Auteure? Sans doute que oui. Mais fidélité à une Auteure d'exception, une américaine qui administre la preuve qu'elle s'est bel et bien installée parmi celles et ceux vers lesquels le Lecteur revient chaque fois que les circonstances le lui permettent, celles et ceux qui colorent son existence et lui donnent sens.

"La malédiction des colombes", c'est l'histoire d'une communauté villageoise qui mêle, puisque nous sommes aux Etats-Unis, les indigènes (les indiens) et les venus d'ailleurs, les dominants, auxquels se greffent les métis. Au début de l'autre siècle, ils furent quatre à être lynchés. Quatre dominés. Innocents, mais lynchés après qu'une famille de fermiers eût été assassinée. La vengeance à l'état pur. Les mémoires s'évertuent, bien des années plus tard, à restituer les faits, à renouer entre eux les fils épars. La plus sollicitée de ces mémoires est celle de l'aïeul, le vieil indien, le seul rescapé du lynchage.

Voilà un roman majeur, une œuvre qui décille le regard, qui en appelle à l'intelligence. Une œuvre qui fait accéder à l'essentiel en mettant à nu la face sensible des choses.

 

 

"Urkas!" de Nicolaï LILIN (Denoël). Roman italo-sibérien qui a refroidi le Lecteur au-delà du supportable.

 

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Philippe Maréchal

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