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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

"Le navire obscur" de Sherko FATAH (Métailié). Le Kurdistan irakien. Les guerres. Les violences perpétrées par les sbires de Sadam Hussein. Kerim s'est peu ou prou adapté plus que résigné. Mais la vie ne fait pas de cadeaux. Enrôlé de force par des Fous du dieu de là-bas, il se libère au prix d'un crime. Il ne lui reste alors d'autre alternative que de fuir vers l'Europe. Au terme d'une traversée tumultueuse, il rejoint son oncle à Berlin. Mais l'Allemagne n'est point l'El Dorado qu'il avait imaginé et son passé fini par le rattraper. Un roman attachant qui n'a cependant pas enthousiasmé le Lecteur. Un Lecteur perplexe qui s'interroge: s'agit-il d'un véritable roman ou d'une approche quasi journalistique? Il n'a toujours pas de réponse cohérente à apporter à son interrogation.

 

 

"Comme des larmes sous la pluie" de Véronique BIEFNOT (Héloïse d'Ormesson). Le Lecteur ne fut point étourdi (voir quatrième de couverture)! Il se tint en marge d'une histoire dégoulinant de bons sentiments, de ceux qu'aucune pluie ne dilue.

 

 

"L'obscure mémoire des armes" de Ramon DIAZ-ETEROVIC (Métailié). Un bon polar, avec tout ce qu'il faut de fausse lenteur. Un bon polar chilien, avec son détective privé (Heredia) qui enquête sur l'assassinat d'un homme qui, dans un lointain passé, eut à maille à partir avec les sbires du sinistre Pinochet. Une enquête qui conduit le détective jusqu'aux tortionnaires qui servirent avec tant de zèle la dictature. Comme dans les précédents romans, Simenon, son chat, lui distille de sages et pertinents conseils. Si Ramon Diaz-Eterovic semble se placer sous les auspices du prolixe écrivain belgien, le Lecteur quant à lui installe le romancier chilien dans la lignée de Montalban. Une forme d'hommage, non?

 

 

"PaulaT. une femme allemande" de Christoph HEIN (Métailié). Le Lecteur est perplexe. Ce roman lui fut chaudement recommandé par quelques-uns de ses amis. Et il est bien vrai que la vie de Paula T, telle qu'elle est racontée par Christoph Hein, relève de ce parcours ardu pour atteindre à l'émancipation qui fut celui de tant de celles qui affrontèrent l'ordre prétendument immuable, un ordre qui n'accordait aux femmes que des fonctions accessoires et subalternes. Donc Paula T se bat. Elle se bat contre la toute puissance du père. Elle se bat pour ne pas assumer une maternité non désirée. Elle se bat pour vivre ses sexualités. Elle se bat pour atteindre au statut dont elle rêve: artiste peintre. Ce qui, au bout du compte, semble additionner tous les ingrédients nécessaires à la l'élaboration d'un roman "féministe" (d'un roman allant dans le sens de la revendication "féministe"). Sauf que la société dans laquelle évolue Paula T n'existe que sous forme de lambeaux. Sauf que l'histoire de cette société n'émerge que de manière anecdotique. Alors que cette société n'est rien d'autre que la RDA, l'ex Allemagne communiste. Non que le Lecteur veuille revendiquer du côté de l'écrivain un quelconque règlement de compte. Mais le statut individuel est étroitement lié à des réalités non seulement sociales, mais aussi politiques, économiques et culturelles. Et puis, il manque souvent à ce roman les vibrations qui confèrent son authenticité à un récit, ce que le Lecteur appelle l'authenticité romanesque.

 

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Philippe Maréchal

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