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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

 

"Le polygame solitaire" de Brady UDALL (Albin Michel). Le Lecteur n'est pas parvenu à s'intéresser aux multiples problèmes auxquels se confronte Golden Richards, mormon convaincu, mari de quatre femmes et papa d'une bonne vingtaine d'enfants. Le roman lui a paru si lourd, comme empesé, qu'il fut insensible aux rares et quasiment intempestives manifestations d'humour.

 

 

"Sauvage" de Nina BOURAOUI (Stock). Pourquoi ce sentiment de toujours revenir en pays connu? Le Lecteur s'interroge. En raison de l'estime qu'il porte à Nina Bouraoui dont il découvrit le premier roman voilà déjà une vingtaine d'années. Une écrivaine qu'il respecte, qu'il considère comme un vrai talent, un talent original dans le fatras des lettres françaises si souvent aseptisées.

Dans "Sauvage", Nina Bouraoui traite une fois encore de la double appartenance culturelle: la française et l'algérienne. Pour ce faire, elle confie la direction du récit à une petite fille qui vit à Alger, au sein d'une famille mixte, plutôt privilégiée. Le monde bouge, le monde se fissure, le monde change, en ce début des années quatre-vingt. Alya, la petite fille, confie non seulement ses rêves, mais aussi ses inquiétudes et ses angoisses, le tout à peine dissimulé par une sorte de constante mélancolie. A travers quelques touches impressionnistes, le Lecteur pressent que le pire est à venir, que la "sauvagerie" qui pointe ici et là le bout de son nez n'est qu'une sorte de prélude. Le Lecteur a-t-il décroché dès l'instant où Nina Bouraoui a tenté de le convaincre que tout cela résultait de forces qui nous échappent à nous, les êtres humains? Lui qui croit toujours que l'homme est maître de son destin pour peu que la société n'entrave pas son cheminement. Peut-être. Et comme à regret.

 

 

"Les solidarités mystérieuses" de Pascal QUIGNARD (Gallimard). L'exceptionnelle beauté du texte. L'extrême sobriété de l'écriture. L'art de Pascal Quignard atteint à sa quintessence. Dans ce roman où une femme choisit le repli, l'immersion dans les contrées de son enfance, celles vers lesquelles elle revient moins sur un coup de tête que pour tenter d'échapper à l'enlisement. Son monde, un monde âpre, tourné vers l'océan dont elle fera son unique spectacle. Claire. Ou bien encore Marie-Claire. Ou bien encore Chara. En symbiose avec non seulement cet océan, mais aussi les landes, les falaises, avec le ciel et ses humeurs. En amour inaccompli face à cet homme qui fut celui de ses premières émotions. Le retour vers un achèvement, conjugué aux solidarités mystérieuses avec tous les éléments constitutifs d'une vie.

Le roman de Pascal Quignard s'apprécie au gré du temps que l'on passe à l'explorer, à revenir en arrière, à cheminer par des sentiers tortueux, à laisser libre cours à l'imagination. Le roman de Pascal Quignard ne s'abandonne pas sur une étagère; il s'installe dans la proximité d'un éventuel mais probable retour.

 

 

"Gin et les italiens" de Goldie GOLDBLOOM (Bourgois). Roman en équilibre instable. Le Lecteur entend par là que l'histoire d'amour qui rapproche en Australie, durant la seconde guerre mondiale, une fermière et un prisonnier italien, oui, que cette histoire-là claudique. Qu'elle en vient même à parasiter le récit de l'étrange rapprochement entre une femme en souffrance et un homme déraciné en raison de la guerre. Ce que le Lecteur appelle de la surabondance romanesque. A son avis, les pages les plus intéressantes sont celles qui racontent à la fois les effroyables conditions d'existence de la paysannerie australienne des années quarante et le peu de la place concédée aux femmes dans un système social quasiment moyenâgeux.

 

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Philippe Maréchal

citoyen du monde
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Yola 18/12/2011 15:26


Belle critique du livre de Pascal Quignard, qui donne envie de percer le mystère de ces solidarités…