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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

"Michael Jackson" de Pierric BAILLY (P.O.L.). Reflets dans un miroir (déformant?) de la jeunesse d'aujourd’hui si proche sans aucun doute de celle de cet écrivain qu'est Pierric Bailly. Qui fut, il n'y a pas si longtemps, étudiant en la bonne ville de Montpellier. Qui narre un peu cette vie-là. Qui s'attarde beaucoup plus longuement sur ses tentatives d'enracinement dans la "vraie" vie, dont les amours constituent les moments a priori les plus sages, les plus raisonnables. Et c'est bien là où le bât blesse. Le roman offre très probablement un reflet proche des réalités que vit la jeunesse de ce début de millénaire. Une jeunesse qui cherche plus à se ranger, à se normaliser qu'à s'épanouir. Comme désabusée déjà. Comme privée de souffle. Reste une écriture, un style en gestation. Celle d'un tout jeune écrivain non dénué de talent. Donc à revoir.
 
 
"Carénage" de Sylvain COHER (Actes Sud). L'obsession de la vitesse. Une fable allégorique, écrite avec talent. Mais le Lecteur ne vibra point.
 
 
"La nonne et le brigand" de Frédérique DEGHELT (Actes Sud). Roman cousu de fil blanc. Les amours d'une femme libre et d'un homme libre. Des amours au coeur desquelles interfère un vieil homme si généreux que la femme libre se retrouve nantie de l'usufruit d'une maison des dunes, tout près d'Arcachon. Et, dans la bibliothèque de la maison, le journal intime d'une nonne laquelle s'en fut, voilà quelques dizaines d'années, soigner au plein coeur du Brésil des indigènes mal en point. L'Amazone ne charrie pas de l'eau de rose. Le roman, lui, s'en imbibe. Avec ce qu'il faut de modernisme pour tenter de séduire le Lecteur. Lequel ne le fut pas.
 
 
"Voyage avec un âne dans les Cévennes" de Robert Louis STEVENSON (10/18). Retrouvailles. Nouveau voyage en compagnie de l'écrivain écossais et de Modestine, l'ânesse. Car il s'agit bel et bien d'une ânesse dont Stevenson fit l'acquisition au Monastier à la veille de son départ. (Et qu'il revendra le lendemain de son arrivée à Saint Jean du Gard!). Douze jours non pas de randonnée, mais d'une véritable expédition d'environ cent vingt kilomètres. La découverte non pas tant des paysages que des hommes et des femmes qui, en 1878, vivaient dans ces contrées repliées sur elles-mêmes, où les cicatrices des guerres de religion étaient encore visibles. Et c'est bien là la qualité majeure de ce récit de voyage. Un voyage parmi les humains, où celui qui l'accomplit "donne du temps au temps". Un voyage à l'opposé des découvertes contemporaines qui sont celles des survols et des clichés accumulés. Le Lecteur, lorsqu'il fit valoir ses droits à la retraite, manifesta l'envie de marcher à son tour sur les traces de Stevenson. Peut-être n'est-il pas trop tard pour lui de concrétiser cette envie-là!

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Philippe Maréchal

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philippe 05/02/2012 17:59


cela a été fait par Hervé Pochon un été sur FRance Inter il ya trois ou quatre ans ou plus...et c'était bien effectivement

Yola 05/02/2012 15:12


Partir sur les pas de Stevenson  et nous le relater, ça ferait l'objet d'une belle chronique!