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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

« Marseille  éclats et quartiers »

DURBEC Sylvie

(Jacques Brémond)

 

Marseille.

Eclats et quartiers.

Le titre intrigua le Lecteur. Lui dont sa relation à Marseille fut toujours compliquée. Passion et répulsion, peut-être.

Mais voilà qu’il s’est immergé dans l’œuvre de Sylvie Durbec. Ou, puisqu’il faut manifester un peu de rigueur, dans les poèmes qui sont autant d’approches de cinq quartiers de cette ville qui jamais ne cesse de regarder la mer. Cinq quartiers et les Îles. En partant de celui qu’il n’a sans doute, lui, le Lecteur, jamais traversé : Saint Jérôme. Le quartier de l’enfance de Sylvie Durbec. « Et je crois que mon enfance ressemblait à ces fleurs et à ces voitures mal garées, dans une confusion de magie et de vulgarité, comme les magnolias qui mouraient d’année en année davantage, parmi les draps qui séchaient. »

C’est par là que débute le cheminement dans la fascinante, dans l’extravagante cité, un cheminement qui ne respecte aucune règle, qui s’apparente plutôt à une errance, qui fait renaître des souvenirs dès que le regard se porte sur un reflet familier, qui évoque un peuple si éloigné des ordinaires caricatures, qui suscite des rêves insensés. Des rêves de départs vers des lointains qui accrochent le regard. Des navigations vers des proximités qui sont comme des bouts du monde.

« Presque aussi aventurée que naviguer vers If

serrée contre son père et baignée d’eau

pour celle dont la main s’immobilise

à la recherche de la surface et des mots

pour ici clore ma ville comme l’œil du cyclone ! »

Sa ville. Cette ville que Sylvie Durbec éclaire d’une musique qui pourrait être un oratorio, avec toutes ces voix humaines qui la subliment. Le livre est un joyau. Un superbe joyau.

« Voilà ce qui d’ici a valeur de vérité et de viatique

car on ne descend pas vers la mer

sans emporter avec soi tout un monde caché

de saints et de reliques de bricoles recollées

que la radio dévoile de temps en temps

et que la sciure recouvre le soir avant d’aller dormir

Ce sont bouts de ficelle et de sein

rubans téléphoniques

maquettes de journaux criées des matins et des marées

hommes et femmes en tout état de marche

jeunes et vieux

peuple somnambule descendu endormi de ses hauteurs aveuglé de lendemains

mais qui les devine solides comme les murailles des tours au-dessus de lui et que je vois »

 

 

 

« Les privilèges »

DEE Jonathan

(Plon)

 

L’impression d’avoir déjà lu des dizaines de fois ce genre de roman. D’où l’évidente lassitude du Lecteur incapable d’accompagner un couple de quasi nantis, américains bien comme il faut, dans la lente mais inexorable dégradation de leurs relations.

 

 

 

« Frantz Stangl et moi »

SIGAUD Dominique

(Stock)

 

Moins l’histoire d’un zélé fonctionnaire nazi qu’une tentative d’explication sur les cheminements d’un individu qui de flic autrichien sut ensuite s’intégrer au sein de la Gestapo puis gravir les échelons de la hiérarchie et de diriger successivement deux camps d’extermination, Sobibor et Treblinka.

 

 

 

« Le musée de l’innocence »

PAMUK Orhan

(Gallimard)

 

Kemal et Sibel, tous deux issus de la bonne société turque, cheminent sans heurt vers leurs épousailles. Et puis, patatras, Kemal croise Füsun, une lointaine mais fort avenante parente. S’en suit une passion dévorante entre celui qui s’est promis au mariage et l’adolescente libre de toute contrainte. Libre à ce point qu’après avoir assisté à la cérémonie de fiançailles de son amant, elle disparaît. Pour réapparaître quelques temps plus tard, mariée à Feridun, l’ami d’enfance de Kemal. Un Kemal qui imagine une sorte de musée consacré à son amour perdu et que sa passion conduit jusqu’aux frontières de la folie. A travers cette histoire très succinctement résumée, Pamuk brosse le tableau d’une société qui évolua, voilà une trentaine d’années, entre modernité et tradition. Une société de privilégiés dont la jeunesse lorgne vers l’occident mais qui peine à se désentraver. Le roman n’a pas provoqué de vagues d’enthousiasme chez le Lecteur. Lequel s’est parfois ennuyé, en particulier lorsqu’il fut contraint d’accompagner Kemal dans sa descente aux enfers.

(Le Lecteur n’est pas le seul à s’être ennuyé. L’ouvrage qu’il emprunta à la Médiathèque Emile Zola de Montpellier était déjà passé entre plusieurs mains. Or, s’il releva d’évidentes traces de « fréquentation » parmi les cent premières pages – pliures, pages froissées… - , il ne découvrit aucun indice d’une quelconque fréquentation dans les cinq cent cinquante pages suivantes. Une absence qui indique que les emprunteurs qui l’avaient précédé renoncèrent très vite à connaître la fin de l’histoire. Une sorte de désertion que le Lecteur ne blâme pas mais sur laquelle il ne dissertera pas afin de ne pas envenimer un peu plus qu’il n’est nécessaire les relations franco-turques.)

 

 

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À propos

Philippe Maréchal

citoyen du monde
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monique 22/02/2012 15:44


Envie de Sylvie Durbec...dont je ne connaissais que par la littérarure jeunesse.