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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche, même le dimanche...

 

"Indignation"de Philip ROTH (Gallimard). Le Lecteur clame son enthousiasme! Voilà un Ecrivain, Philip Roth, qui fêtera très bientôt ses 80 ans! Un Ecrivain que le Lecteur fréquente depuis tant et tant d'années que sa bibliothèque s'est remplie des traductions de la quasi totalité des romans parus en France. Non que le Lecteur veuille induire l'idée qu'il connaîtrait l'Ecrivain. Il l'a simplement fréquenté. En tant que Lecteur. Assidûment. Fidèlement. Passionnément, puisqu'il n'est pas, à ses yeux de Lecteur, de bonne approche de la littérature sans une belle part de passion.

Et voici donc que le romancier Philip Roth offre au Lecteur ce beau roman: "Indignation". L'exaltante, la généreuse indignation d'un adolescent qui, en 1951, au pire moment de la guerre de Corée, affronte l'institution universitaire qui est à l'image de la société américaine. Encalottée. Fermée Rigide. Réactionnaire. Un adolescent appelé au plus bel avenir mais qui refusera de se soumettre et que l'impitoyable machinerie expédiera en Corée.

Que l'on ne s'y trompe pas: Philip Roth n'a pas écrit un roman dégoulinant de nostalgie sur sa lointaine adolescence. Il dresse, au contraire, un réquisitoire sans complaisance contre des règlements anachroniques et liberticides, contre une société rigidifiée et intolérante. Philip Roth qui n'a besoin que de quelques lignes pour rappeler, en conclusion de ce roman, qu'un tsunami bouleversa cette société-là dès la fin des années 60. "En 1971, les bouleversements sociaux, les transformations et les mouvements de protestation des tumultueuses années 1960 finirent par atteindre l'université de Winesburg, si réactionnaire et si apolitique qu'elle fût."

Un superbe roman dont la portée échappera bien évidemment à tant de ces crétins qui nous gouvernent, ceux que des idéologues de pacotille, des philosophes faisandés poussent à effacer des pages des livres d'histoire le sens de l'élan qui marqua ces années-là, l'élan vers l'émancipation, l'élan vers la libération, le pari de l'intelligence.

 

 

"Hors la loi" de René BELLETTO (P.O.L.). Un chef d'oeuvre que, par insouciance (?) ou par paresse (?) le Lecteur aura méconnu.

 

 

"Portable" de Ingo SCHULZE (Fayard). Treize nouvelles. Dont le Lecteur souhaite qu'elles permettent à l'écrivain allemand de se faire la place qu'il mérite dans les librairies et les bibliothèques de France (dont il exclut toutefois Palavas-les-Flots, berceau de la médiocrité et de la flagornerie) et de Navarre. Ingo Schulze brosse de ses contemporains des portraits qui ne sont pas sans faire penser (parfois) à ceux qu'ont légué les Petits Maîtres Hollandais (si bien représentés au musée de Montpellier)."Les imbroglios de la Saint Sylvestre" ou bien encore "Une nuit chez Boris" constituent des modèles du genre. Des ruines de la RDA intégrées à la va comme je te pousse dans le conglomérat allemand, mais aussi de Dresde à Budapest, en passant par le coeur de cette Europe en quête d'identité, les nouvelles constituent toutes, ce qui est assez exceptionnel, autant de repères pour qui veut aborder à la connaissance de si proches voisins et d'une littérature qui mérite beaucoup mieux que le quasi anonymat dans lequel la franchouillardise la confine.

 

 

"Nu à la chaise" de Marie-Thérèse SCHMITZ (Gallimard). Rencontre impromptue. Même pas programmée. Mais dont le Lecteur se réjouit. Une histoire de famille, plutôt bien construite. La fille qui s'en revient élucider la mort de la mère au moment où le père atteint au terme de sa vie. Une écriture sobre, au rythme des pensées, des sentiments, des désirs, des élans, des souffrances de la narratrice. L'écriture d'une écorchée vive. Dont il reste à déterminer si elle est celle que la romancière prête à la narratrice

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Philippe Maréchal

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