Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique littéraire d'André Blanchemanche

15160839.jpg

"Paradis conjugal" d’Alice FERNEY (Albin Michel). Le mal-vivre des couches moyennes. Des choses infimes qui ne parviennent pas à concerner le Lecteur. Lequel Lecteur n'a pas vu depuis des lustres le film qui étaie ce roman et lui confère une vague consistance: "Chaînes conjugales" de Mankiewicz. Un film qu'il n'a pas particulièrement envie de revoir. Ite missa est.

 

 

"La saison des massacres" de Giancarlo DE CATALDO (Métailié). L'Italie des années 90. Affairistes, politiques et mafieux. Qui n'a pas les mains sales? Un sénateur, communiste de la vieille école? Le tableau est saisissant: corruption, intrigues, négociations occultes, attentats. Tout s'entremêle. Un seul objectif: en finir avec la curiosité des juges. Puis abattre l'état italien tel qu'il fut en ces années-là dans sa guerre (ou sa prétendue guerre?) contre la mafia. Lui substituer un nouveau système politique. Berlusconi attend son heure. Ce polar n'est pas un livre d'histoire. Mais l'histoire en est l'acteur essentiel. Et ça donne des frissons dans le dos.

 

 

"La cascade aux miroirs" d’André BUCHER (Denoël). Le Lecteur est déçu. Il sort de sa lecture avec le sentiment diffus que l'auteur s'est égaré en transportant son personnage du côté de la Camargue. Loin de la vallée du Jabron. Loin des montagnes du pays de Giono, de leurs mystères, de leur magie. Loin de l'enfer. La mère et le fils. Enclos, comme prisonniers d'un pays refermé sur lui-même. Jusqu'à ce que survienne le temps de la substitution. La déception ne s'oppose pas à l'attachement du Lecteur à André Bucher, cet écrivain si singulier. Elle indique simplement que ce roman n'est pas celui dont il gardera le souvenir le plus radieux.

 

 

"Scènes de la vie villageoise" d’Amos OZ (Gallimard). Un village israélien plutôt paisible, fondé voilà environ un siècle par des pionniers. Un village à l'abri des tumultes. Huit nouvelles que relie la même appartenance, au cœur desquelles ressurgissent quelques personnages. D'où, parfois, l'impression de lire un roman. Un tableau sensible et coloré d'une société qui oscille entre le poids de la tradition et le désir diffus de l'émancipation. Huit nouvelles qui ne s'achèvent sur rien, huit nouvelles dont les personnages atteignent à un fragile point d'équilibre. Huit nouvelles dont il serait dommage de se priver tant elles sont à notre ressemblance. Le village israélien, par la vertu du talent d’Amos Oz, devient comme une sorte de centre du monde. Ou, plutôt, de tous les mondes qui font le monde.

 

 

"Le bon larron" de Hannah TINTI (Gallimard). Le genre de roman que le Lecteur dévore d'une traite. Ou presque. (Il a l'œil gauche qui larmoie en raison d'un orgelet insidieux.) Comme quand il était petit et qu'il lisait Hugo, Verne, Dumas, Dickens. Et "Le bon larron", c'est en quelque sorte du Dickens. Un pauvre orphelin. Une cité ouvrière. Tout ce qu'il faut de misérabilisme. Un ignoble capitaliste inculte. Deux sympathiques aventuriers. Une aubergiste au grand cœur. Un peu moins de 400 pages. Une bonne cinquantaine de kleenex. Mais le Lecteur est un homme heureux: Hannah Tinti lui a offert un somptueux reflet de ses lectures de môme. Un cadeau plutôt rare par les temps qui courent.

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Philippe Maréchal

citoyen du monde
Voir le profil de Philippe Maréchal sur le portail Overblog

Commenter cet article