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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique littéraire d'André Blanchemanche

"Le voyage à Bordeaux" de Yoko TAWADA (Verdier). Une étudiante japonaise, installée à Hambourg. Une amie française lui propose de séjourner à Bordeaux afin d'y apprendre le français. Le Lecteur a raté la correspondance en gare de Bruxelles. Il attend toujours le prochain train pour Bordeaux.

 

 

"Laitier de nuit" de Andreï KOURKOV (Liana Levi). Ce roman de Kourkov n'atteint pas au niveau du tout premier que le Lecteur avait découvert au tout début de ce nouveau siècle. "Le Pingouin". Mais tout de même, Il ne fera pas la fine bouche. Les aventures nocturnes de quelques habitants de la capitale de l'Ukraine lui ont arraché des sourires et provoqué provoqué parfois de francs éclats de rire. Kiev en plein de cœur de l'hiver. Un politicien véreux et mystique. Deux ou trois gros bras. Une nourrice intarissable. Un douanier. Des chats qui meurent puis ressuscitent. Tant de situations cocasses Trop, peut-être? La machinerie s'emballe parfois et donne alors l'impression d'échapper au contrôle du mécanicien. Mais, et c'est tout de même confirmé: au bout du compte, le Lecteur aura passé de très agréables moments dans la fréquentation des personnages inventés par Kourkov.

 

 

"Sous la tonnelle" de Hyam YARED (Sabine Wespieser). Une prodigieuse histoire d'amour merveilleusement contée. Dans le contexte de ce Moyen Orient où de guerres en génocide(s), les mémoires entremêlent d'indicibles souffrances. Dans ce Liban où se confrontent et s'affrontent celles et ceux qui n'ont pourtant pas d'autre solution que de vivre ensemble. Le roman de Hyam Yared inscrit les destinées de celle et de celui qui jamais ne furent amants dans les convulsions de l'Histoire. Celle et celui qui jamais ne furent amants mais qui s'aimèrent jusqu'à l'éblouissement. Point d'eau de rose, cependant. Puisque l'Histoire et ses drames à répétition ne concèdent pas le moindre répit. Et tant pis pour les quelques outrances que le Lecteur, dans les instants de sa lecture, considéra comme superflus. Des outrances qui comptent si peu devant l'intensité bouleversante du récit. Un récit qui n'édulcore rien. Qui évoque les abominations avec retenue, avec pudeur.

"Tu accompagnas sa culpabilité d'avoir survécu. Juif de toute une moitié de son sang, arménien d'adoption, il faisait le pont entre deux génocides. Il était deux fois rescapé. Deux fois coupable. Il en parla à son père, détruit par l'absence de Rachel et la douleur de son amour perdu. "Tu ne comprends pas, lui dit-il, tu ne comprends donc pas que tu vis par miracle Tu es encore en vie, sauvé par la géographie. Par le hasard de ta naissance au bon endroit. Je suis sauf mais j'aurais dû être mort, tu m'entends? Mort"...."

"Sous la tonnelle" offre un vrai moment de grande littérature. "En divorçant, j'ai tout abandonné des contes, sauf l'absolu. Séduire m'a distraite. Je me suis mise à mêler amour et séduction. A boire dans des substituts d'amour Dans des récipients creux, du plaisir à ras bord. Cette phase de ma vie resta secrète. Personne ne devait s'en douter. Pas même toi. On ne prend pas d'amant par amour de l'autre mais par amour de soi. C'est pour ne pas me haïr que je me jetai dans des corps de passage. Pour oublier que je passais aussi."

 

 

"Le touriste" de Olen STEINHAUER (Liana Levi). Le Lecteur n'est peut-être pas un touriste ordinaire. Il a quitté l'agent de la CIA au beau milieu du gué, le laissant dans un pétrin pas possible.

 

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Philippe Maréchal

citoyen du monde
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mobensim 25/03/2010 23:47


Je ne lirai peut-être jamais ces romans...mais envie de dire  le plaisir de la lectrice à ces chroniques polychromes ...