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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Le 8 ème jour du mois, nouveau feuilleton...l'autre on s'en fout

Photos No limit 080

C’est curieux, l’hôpital, l’asile, l’hospice, le dispensaire… J’avais l’impression, d’être posé là, comme au beau milieu d’une série pour la télé…tous s’affairaient, rapides, en tous sens, comme des abeilles au sortir d’une ruche.

Le matin, au milieu de la place, je balbutiais, comme une proie délaissée, encore engluée parce déglutie d’une bouche trop avide.  J’avais été recrachée parce qu’elle fut trop pressée d’en bouffer une bien plus intéressante et qu’une digestion trop lente eût contrarié cette nécessité de manger la bouche fermée, tout comme elle embrasse.

L’abandon, non pas celui qu’on subit, non, l’état dans lequel on se trouve, lorsqu’enfin on lâche et qu’on se rebelle définitivement contre les règles d’un jeu stupide, voilà, j’étais dans l’abandon, celui là même qui entraine, tel un saut en pleine confiance dans une piscine.

Attendre. Ne plus rien penser, la vie, si elle a encore quelque intérêt pour toi, y pourvoira.

Et la vie, si rien n’en l’empêche survient, en l’occurrence sous la forme d’une citrouille transformée par les soins du « 15 ».

Ils ont sorti le brancard mais j’y suis monté presque machinalement comme on prendrait l’ascenseur pour le 7 ème ciel.  J’ai dû tout de même m’allonger. Il faut toujours s’allonger avant de se mettre à table.

Trajet, sirènes, connard, range toi, laisse passer la vie, et la vie se faufile et profite du moindre espace pour frayer son chemin comme l’eau de source qui dévale entre les roches.

Les portes s’ouvrent, descente et début d’un parcours à suivre les yeux en l'air les plafonds d’une entrée de cirque puis attente au milieu des autres, car il y a en d’autres, c’est toujours ainsi, quelque soit l’heure ou le jour, d’autres aussi sont sur la grille de départ et ont mis la gomme en oubliant le frein à main.

Un homme la tête pleine de coups, une femme livide et emmitouflée, d’autres le bras en écharpe, des pompiers qui rigolent, et les plafonds mornes qui se succèdent jusqu’à un autre beaucoup plus haut, en verre, ceint de murs gris bleus soulignés de lumière jaunes pâle, bravo l’architecte qui dût imaginer un tel parcours menant des enfers vers une possible résurrection.

L’intérieur de la ruche, un vaisseau spatial, un équipage aux codes et tenues futuristes et légères. Le sérieux d’un sourire sans teint, juste ce qu’il faut d’humanité, celle qui anime la queue du chien de Desproges, pas celle des cœurs de pierre.

C’est à ce moment que tu retrouves ta dignité, non pas celle que tu mérites mais celle qui est justifiée et qui t’es notifiée parce que tu es un être humain, vague notion en dehors de ces lieux.

Attente, rangé en bord de couloir, et les autres qui défilent jusqu’à ceux garés en double file. Attention, un virage, un créneau, et me voilà déplacé entre une petite vieille qui se demande pourquoi un infirmier lui dit bonjour, «  ben pourquoi ? » qu’elle dit…et un monsieur ahuri la bouche dans le pâté et les yeux perdus pour le bonheur… On eût dit un vieux guerrier assis sur son char antique, dépassé par la tournure de la bataille et prêt à suivre le cours de l’histoire, qui pour lui semble s’écourter.

Puis ils m’ont emmené, sensation de glisse sur les balatums et relâchement des paupières, dormir quelque soit la destination.

Nous étions le 8, finalement jour anniversaire, si l’esprit ne s’accrochait plus au calendrier, le corps lui s’en souvenait.

A suivre...

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Philippe Maréchal

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