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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Le 8 ème jour du mois, nouveau feuilleton...l'autre on s'en fout...2ème

Photos No limit 080

 

C’était pas là…retour dans les couloirs, je fais coucou à la vieille dame qui se demande toujours pourquoi. Ben te demande pas pourquoi, c’est comme des baffes on ne sait pas d’où çà vient, ni pourquoi, lorsqu’on les prend au hasard d’un mauvais chemin. On m’arrête. On me gare dans un couloir. En double file, une femme sous une couverture, sanglée et en sanglots.  On ne voit d’elle que ses cheveux frisés d’un côté et puis ses bottes dépassant de l’autre. Je m’endors.

 

C’est froid. C’est dur. Cà ressemble à la réalité. C’est mouillé aussi la réalité. C’est au moins du granit. C’est beau le granit. C’est poisseux. C’est la rue. J’ai la gueule sur le trottoir.

Je pense à la boxe. Le mec a la gueule écrasée sur le tapis. Il s’en fout. C’est cuit. L’arbitre, est habillé comme pour partir en expédition et il prend des photos. Huit, il a compté jusqu’à huit. KO, l’homme à terre relâche et renacle, renifle, souffle. C’est le combat de trop. Il ne faisait pas le poids. Il le savait bien en rentrant sur le ring. D’abord, il ne voulait pas se battre. Il n’était pas là pour çà. L’autre, que tous appellent l’adversaire, il ne lui en voulait pas, surtout ne pas lui faire de mal. Bizarre pour l’assemblée, éructante, en colère, vindicative, assemblée d’aigries  au nez rouge venues au spectacle comme on entre en thérapie, attendant désespérément qu’il se mit en quatre pour démontrer ce que toutes attendaient, la lutte, le combat, l’acharnement, l’éviction. Ce n’était pas un cirque, mais une arène, ou bien un couloir psychiatrique. Au moins sur un point n’auront elles pas été déçues, il s’est écroulé. Il a gardé ses coups, ou bien a esquivé. Sur lui tous les chocs sont arrivés pèle mêle, nombreux, au foie,  au ventre, sur la tronche, au cœur, sur la poitrine, là où le souffle s’arrête et provoque une apnée en abysse. Et puis la douleur, l’a enveloppé, lui qui n’avait pour toute résistance que de la douceur à rendre. Il s’est effondré. Il s’est écroulé le nez écrasé sous son poids, celui qui se sentait jadis si fort, si alerte, vif, leste, drôle même, celui qui portait son nez sans en mettre.

 

On reprend un autre circuit. J’ouvre les yeux toujours au plafond, les néons, les vitres, les autres brancards que l’on croise, les gueules démolies, les regards dans le vide, le sourire de l’aide soignante, de la douceur, celle qu’on espérait plus, une graine d’attention, juste ce qu’il faut pour vivre, juste une graine donnée, comme un acte gratuit, comme une invitation à revenir dans le monde des humains.

Je me rendors. L’arbitre et son appareil photo en bandoulière a compté jusqu’à huit, KO, au huitième jour…A suivre

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Philippe Maréchal

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Yola 11/01/2014 16:51


Apprendre à esquiver, ça prend du temps, se dire que ce n'est pas renoncer ni se compromettre, juste savoir ne plus prendre de plein fouet les mauvais coups inutiles