Le temps qui passe

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20092442.jpgJ’y suis retourné, près de mon arbre. Il ne disait rien, comme s’il faisait la gueule. Je voyais bien qu’il regardait ailleurs. Il a des jours comme çà, où bien le vague à l’arbre lui prend comme le retour d’amertume m’enveloppe. On se ressemble tous les deux. Je me suis dit c’est con. Ca vous arrive non ? Vous ne vous dites jamais c’est con ? Comme toutes ces choses qui nous bousculent, nous émeuvent, nous submergent sans qu’on puisse y faire quoique ce soit. Comme ce souvenir d’une classe silencieuse encore étourdie d’une colère passée où le moindre incident amplifiera le sentiment d’outrage à un semblant de sérénité revenue. J’y pensais comme un retour provenant du puits aux souvenirs et y mêlant ce bref entrefilet lu sur Rue 89 que je me remémorais, à propos de la tête de liste des régionales présentée par Olivier Besancenot à Avignon, une femme voilée...Et voici qu’encore une volée de bois vert s’abattra sur cette affaire contre l’ indignation calculée et que toutes simplifications de part et d’autre s’affronteront dans un match stérile puisqu’il importe avant tout d’être vus pour avoir, comme un foulard qu’on agite, d’être pour vu pour se savoir vivre,  d’être  en vie pour avoir, d’exister au milieu de cette foire d’empoigne qu’est la vie au multiple, la vie foisonnante et souffreteuse des peuples dont les élites prennent soin de s’écarter jusqu’au moment de s’en servir. Qui comprendra ce qui est en jeu, de la représentation, du spectacle politique, des repères brouillés, de l’avenir des femmes dans les cités, du parcours et de la dérive des idées obscures et des croyances manipulées qui s’accouplent à toutes les revendications pourvu qu’elles servent, des anathèmes et des  interjections d’offusqués, de combats hypocrites et de misère intellectuelle, du brassage des images et des petites phrases, de la confusion et du n’importe quoi pourvu qu’on le dise. « La vie c’est se qui se passe pendant qu’on fait autre chose »...c’est une phrase qu’a dit Higelin et qui me revient devant tout ce bordel politique ou tout est mélangé, simplifié, grossit, vulgarisé et jeté en vrac dans l’arène comme si tout concourait à provoquer le plus d’approximation et de confusion des fois que  d’aucuns soient encore capables d'énoncer  avec justesse et clarté ce que sont les valeurs liberté, égalité et fraternité. C’est à pleurer, entre les titres du Figaro et les annonces du NPA, de Georges Frêche à Sarkoy, de Besson à Peillon, c’est à pleurer en rond et à se pisser sur les godasses. Je ne sais pas grand chose, juste qu'on démolit notre planète à grande vitesse, que l'injustice et la connerie sont exercébées, et que pour le reste, le cirque continue.

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