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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Morvar'ch Argol

J’ai beau dire et qu’en faire. Rien à y faire je ne peux pas lutter. Ce matin l’odeur du feu de bois et la fraicheur mêlée sont venues flatter ma mémoire. Ajouter ce reportage sur France Q à Plouha et l’évocation d’une petite vieille au visage bien lisse et ronde sous sa coiffe et j’ai vécu instantanément ces moments passés, gamin au lavoir. Les vieilles, les dernières lavandières, les mains plongées dans les cuves du lavoir où s’épanouissaient en nuages les volutes bleues du savon. Le tournis du bonheur à l’évocation de l’odeur du feu  sous les culs noircis des marmites d’eau bouillantes. Les « man goz » noyées dans de beaux draps épais et qui m’engueulaient lorsque je trempais mon bateau dans l’un des bassins. Je ne vais  pas ajouter à l’indécence et  pleurer ces temps où surement ces femmes auraient eu mieux à faire que la lessive au grand air, juste à l’abri du haut vent d’un lavoir avec la chaleur des braises aux reins. Non c’est juste une odeur, un parfum, celui du temps qui freine en une gerbe d'étincelles et qui m’interpelle, que devient le temps qui n’est plus, comme la spirale du savon qui devient nuage dans l’eau, que deviennent les conversations en breton dans ce coin du lavoir de Sainte Barbe à Kerhuon, que signifient ces larmes intérieures à l’évocation des chevaux de la mer, et ce graffitis au charbon de bois sur un mur bien avant l’ère des graffs « mob bihan aux pêcheurs ». Bretagne tu me manques.  

  

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Philippe Maréchal

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mobensim 12/11/2009 01:59


J'ai connu des lavoirs provençaux qui n'étaient pas mal non plus..et les lessiveuses trainées de la maison au bassin dans de vieilles poussettes d'enfants.
La vie de ces femmes est-elle enviable ? Parfois et malgré le féminisme qui me tenaille, je m'interroge sur le goût du bonheur.

Surtout quand l'odeur du savon de marseille se pointe et que j'entends encore les papotages autour de l'eau pendant que nous, les "minots", on faisait des glissades sur l'herbe mouillée.
Reviennent alors les rires et les confidences que couvrait le tam tam du battoir.
Et l'été, lorsqu' à deux, elles essoraient les draps de lin, on courrait se faufiler dessous pour rafraîchir nos têtes hirsutes.
En rêvant qu' un jour, à la maison, on aurait une douche.

Merci pour le flash back, Philippe.