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Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
J’ai
beau dire et qu’en faire. Rien à y faire je ne peux pas lutter. Ce matin l’odeur du feu de bois et la fraicheur mêlée sont venues flatter ma mémoire. Ajouter ce reportage sur France Q à Plouha et
l’évocation d’une petite vieille au visage bien lisse et ronde sous sa coiffe et j’ai vécu instantanément ces moments passés, gamin au lavoir. Les vieilles, les dernières lavandières, les mains
plongées dans les cuves du lavoir où s’épanouissaient en nuages les volutes bleues du savon. Le tournis du bonheur à l’évocation de l’odeur du feu sous les culs noircis des
marmites d’eau bouillantes. Les « man goz » noyées dans de beaux draps épais et qui m’engueulaient lorsque je trempais mon bateau dans l’un des bassins. Je ne vais pas ajouter à
l’indécence et pleurer ces temps où surement ces femmes auraient eu mieux à faire que la lessive au grand air, juste à l’abri du haut vent d’un lavoir avec la chaleur des
braises aux reins. Non c’est juste une odeur, un parfum, celui du temps qui freine en une gerbe d'étincelles et qui m’interpelle, que devient le temps qui n’est plus, comme la spirale du savon
qui devient nuage dans l’eau, que deviennent les conversations en breton dans ce coin du lavoir de Sainte Barbe à Kerhuon, que signifient ces larmes intérieures à l’évocation des chevaux de la
mer, et ce graffitis au charbon de bois sur un mur bien avant l’ère des graffs « mob bihan aux pêcheurs ». Bretagne tu me manques.
fleurs et tomates