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09190609.JPGDe Sarajevo à Belgrade...émission ce matin sur France Culture. Danis Tanovic, réalisateur de No man’s land (2002), fondateur du parti politique bosnien Nasa stranka parle avec ce qui me semble être au-delà de la langue habituelle des intervenants, sans détours. Sans faux semblants, avec colère, il questionne plus qu’il ne parle.  Je n’ai jamais entendu parler de lui avant ce matin. J’aime cette radio qui me donne à entendre ceux qu’on entend pas ailleurs. Je ne suis pas spécialiste de cette guerre qui a eu lieu il y a quinze dans l’ex Yougoslavie. Cela me semblait irréel à l’époque, et incroyablement compliqué. Compliqué comme l’accumulation des informations aux différents journaux d’une même journée, où se mêlent les résultats des matches de foot et l’énoncé d’un massacre perpétré dans une Europe qui a connu l’indicible cinquante ans avant. C’était  compliqué comme est  compliqué la guerre quand on la décrit trop simplement avec des mots, là où il y a de la chair, avec des phrases, là où il y a des larmes, comme est compliqué le cerveau des humains se perdant en méandres et conjonctures jusqu’à ne plus voir  que le bout du nez  du pouvoir qu’ils convoitent s’apprête à flairer le cul de la haine qui les suit. En écoutant simplement comment ne pas s’arrêter à cet énoncé implacable, Sarajevo, la mort dans cette ville le 28 juin 1914, de l'héritier de l'empire austro-hongrois et son épouse  assassinés  par un étudiant serbe, et par là l’ouverture tragique du 20 ème siècle, siècle qui se referme sur le siège de...Sarajevo. Je ne peux pas prétendre avoir compris les tenants et aboutissants de cette guerre, au-delà ou au-dedans des mécanismes, du moteur même de ce qui fonde la guerre. Ce qui me semble plus évident c’est que l’on nomme avec erreur par  le mot de conséquences  ce que sont le meurtre et la souffrance indicible devant l’horreur absolue d’avec les buts de guerre, que sont le pouvoir, le profit par la manipulation, par l’exacerbation des mythes propre au nationalisme, qui se nourrissent de l’ignorance. Ces conséquences font en réalité partie mêmes des buts. Atteindre le pouvoir et s’y tenir coute que coute. Ce qui donne cet oxymore « guerre juste » et qu’on puisse attribuer par défaut un prix Nobel de la paix à qui est chargé de prolonger la guerre. Il n’y a pas de guerre juste, il n’y a que le meurtre érigé en valeur puisque là où il s’accomplit pour masquer la bêtise crasse il signifie l’échec.

 

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