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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Orange pressée à temps perdu

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A Paris, il fait toujours gris. Pas rue de La Gaieté. Paris, Parue, j’y suis revenu. Un orange pressée et tout mon temps. La musique s’allonge et se répand sur le comptoir. Une petite scène au fond et le mot « Toilettes » en rouge comme une invitation à retrouver une glace pour se maquiller. Rouge à lèvres pour l’autre, mes yeux face au miroir. Qui se cache derrière mes yeux. L’ai je déjà vu ? C’est un cœur, un cœur amoureux. Retour à la table au dessus du Zinc, des cages comme les geôles de Louis XI, et des lumières à l’intérieur.  Rayonnent les âmes des lutins jadis emprisonnées et qui brillent pour effacer l’ombre d’une quelconque souffrance. Les pots de sucres en inox  irradient de tout l’éclairage ambiant, on dirait des casques, des heaumes de chevaliers aimables à la tête dure, des têtes emplies de  sirop de canne. « Ils sont partis par où les autres » demande un client.  Je pense aux chevaliers qui se sont tirés. Les tables sont dressées. Mon formica demeure celui d’un simple jus, puis d’un café, le temps d’une liberté cernée par des nappes rouges à carreaux blancs.

Prolonger l’instant, finir le verre et demander un « allongé ». C’est çà, juste, s’allonger et goûter à la tasse, afin d’en savourer toute la succulence du grain brûlé, écrasé, moulu, brisé, éparpillé comme une velléité de Raoul Volfoni. Une musique trainante, une vieille rengaine de  Dylan, et mon bras sur la chaise d’à côté, comme à l’arrière d’une Buick, sur une route de la côte West. au bout du comptoir  Une barbichette sur une tête échappée d’un Velasquez, la musique déboule, Ram Jam, Black Betty, merde mon café j’ai failli le dégommer, derrière le comptoir çà rigole. Get up, sex machine, et je me retire aux chiottes en dansant. Un bon pisseur en fait pisser plusieurs.

Demain j’irai au bout de la rue. Je veux voir ce qu’il y a, ce qui s’y cache ou bien s’y révèle, juste derrière, la gaieté. 

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Philippe Maréchal

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