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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Parfums de campagne

 

Souviens toi frère malchanceux, quand l’odeur trahit ton infortune et qu’irrité, tu en mesuras tous les inconvénients. Il était trop tard. C’était fait.

 Tu avais déjà cartographié en trois dimensions l’ensemble des carrelages, parquets et moquettes comprises et sans doute, le hall d’entrée quand tu te félicitais d’y avoir repéré à toute vitesse, tout en glissant sur le marbre, le nom de tes hôtes avant de polluer le tapis de l’ascenseur. D’un coup de patte appuyé, dernier geste engendré dans l’inconscience et l’automatisme de ta marche, avec l’habile assurance de celui qui aux boules marque son territoire du bout de sa semelle, esseulé, au milieu des invités prolixes et parfumés qui trinquaient dans les bulles, tu basculas, dans le bruit de fond des conversations futiles, de l’innocence d’un vague ennui, à la perception du réel qui t’explosa dans le pif.  Hé oui, çà n’arrive pas qu’aux autres, tu avais bien marché dedans.

 Encore incrédule, tu reculas. Et de ce fait, maladroit, tu rajoutas une signature, celle qui atteste que c’était bien de ton parcours et de tes détours qu’ils s’agissaient. Personne ne s’en était encore aperçu,  mais à vrai dire, tu n’en étais pas sûr, tandis qu’en ton faible intérieur s’épanouissait comme à la vue d’un vomi, un sentiment de malaise teinté de révolte comprimée et effervescente.

Tu rougis un peu et d’un seul coup, comme à l’exercice, tu refis mentalement toutes tes circonvolutions jusqu’à cette dernière incursion dans la vie sociale. Un brin de contrariété : il allait falloir nettoyer sans qu’on te repère. Un rictus nerveux ajouté à tes gestes empruntés pour dissimuler ton inconfort, et te voilà à la merci d’un sourire qui t’avait repéré et qui se voulait attentif à quelqu’un d’allure singulière pour échapper aux tête-à-tête en amuse gueule et aux monologues du troisième verre. Oui, toi, oui, c’est bien toi qui tentais de te faire oublier avec des gestes bizarres, des cacahuètes plein la bouche, en souriant à la cantonade, comme un benêt juste préoccupé de trouver un endroit peinard pour te démerder. Oui, c’est bien vers toi qu’approchait résolu et ravi, le cruel intérêt d’un couple fuyant les ritournelles des potins essorés. Ben non, tu n’allais pas y échapper. C’est justement cela que tu appréhendais, la peur d’être ridicule. Si le ridicule ne tue pas, il blesse. Il fait mal à l’amour propre. Quand on est souillé par la merde qu’on a sous les godasses, on tient d’autant plus à l’amour propre. Tu étais profondément perturbé, envahi par la crainte de décevoir. Effectivement tiens, çà sentait un peu dans ce coin et ce, quelque soit l’endroit de la pièce où te suivirent sans comprendre l’embarras qu’ils provoquaient, ton interlocutrice et son partenaire. Ils sentaient si bon les parfums délicats des gens de la ville quand ils vont en soirée.  Gênant, c’était la honte à pas chance, mais c’était toujours là, tenace. Chiant à la fin, çà te collait comme une ombre qui déborde des deux côtés, et faudrait bien finir par l’avouer mon vieux, tu avais marché dedans et puis c’était quand même un peu ta faute non ?  Il fallait faire attention. Tu voyais bien que tu n’étais pas à l’aise.  Cela ressemblait, lorsque tu vins jusqu’ici te perdre dans cette soirée, au sournois sentiment de culpabilité qui remontait à la surface de tes joues qui rougissaient. Puis vint la révolte inutile, de quoi ? L’auguste crotte, sortie innocente d’un cul rétractée, de ton destin scella le sort imprimé sous un quarante deux infortuné autant qu’à gauche, et te poursuivit d’un fumet langoureux jusqu’au troisième étage provoquant telle la théorie du papillon, des battements de sourcils et des renfrognements de nez agacés tandis que l’on parlait des prochaines élections.

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À propos

Philippe Maréchal

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valentini 20/02/2012 09:56


 


Contre le socialisme financier et ses acolytes


 


Ami, entends-tu


le foutriquet qui n'aime pas la France qui ne l'aime pas et rêve à voix haute son escamotage, son expulsion, son anéantissement.


Le foutriquet qui aime la France qui marche au pas et parade et triomphe, en gueulant : nous sommes le peuple supérieur !


Le foutriquet qui aime la France qui s'enivre du travail qui rend libre et apaise actionnaires et managers, pendant que l'état trie et tue, là-bas et ici.


Le foutriquet qui aime la France à genoux et adore sa petite personne, avide de puissance et de gloire, dans les siècles des siècles.


Le foutriquet qui aime la France qui se prosterne et se prostitue avec l'Amérique de la prohibition de la liberté et la Chine qui danse sur l'or d'Oncle Picsou.


le foutriquet qui aime la France qui l'aime et se vend aux actionnaires du monde entier, en hurlant, à Londres, à Budapest et Berlin : vive le socialisme des imbéciles !


 


Ami, entends-tu


le foutriquet qui revient d'entre les morts, communier avec tous les morts de toutes les guerres, sauf s'ils puent, et dit aux vivants : voici mes entrailles, mangez-en, c'est de l'or !


Le foutriquet qui se cherche des ancêtres, totems et tabous, à mettre devant la porte de l'histoire, pour ne pas répondre de ses actes et rendre des comptes au présent.


Le foutriquet qui aime l'Allemagne qui fait aimer l'Allemagne de tout son coeur. Comme les émigrés de Suisse et de Belgique, il a une patrie de substitution, dans sa valise diplomatique.


Le foutriquet qui aime les ouvriers qui le supplient de faire un miracle : donne-nous un zeste du pain quotidien que nous offrons au patronat. L'amour aveugle aime les souteneurs.


Le foutriquet qui minaude, je vous aime tous, son amour est grand, et fait des mines et des poses : je suis une victime, un martyr, le sauveur de la France !


Le foutriquet qui a choisi la France qui aime l'argent, c'est naturel, et en veut toujours plus. À part accumuler, rien ne l'intéresse. Qu'elle l'élise ! Qu'elle le choisisse ! C'est
bien un immigré d'opérette.


 


Ohé ! Les indésirables ! Les pas-comme-nous ! Les moins-que-rien ! Les plus bas que terre ! L'engrais versé dans le sillon stérile ! S'il envoie ses fonctionnaires
chéris, son état bien-aimé, sa police toute neuve, tirée de la lessiveuse, arrachons-lui, avec les dents, la langue et les yeux. Que son nom soit effacé de la mémoire des hommes ! Montrons
que derrière le panneau arc-en-ciel des divers socialismes nationaux et ses acolytes odieux ou imbéciles, se tient le genre humain.


 

Bourreau fais ton office 19/02/2012 03:04


Salut Philippe, ça faisait longtemps que j'étais pas passé, j'ai eu de la lecture, bien rigolé, bien indigné aussi.