Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Retrouver le Phil

humeur-du-chef-4113.JPGElles sont Assises sous la glace à facettes. Y’a deux filles qui gloussent au fond du café. Elles épluchent leurs doigts. Elles gigotent. Elles se trémoussent. Elles chuchotent. Elles se confient, s’abandonnent pour trois fois rien. Elles vivent. Elles se montrent leurs ongles colorés.  Deux tables plus loin, y’a deux mecs qui discutent affaires. C’est dur.  Je préfère la manucure. Y’en a un qui domine et l’autre qui écoute. Y’en a un qui dicte et l’autre qui acquiesce. « Le secret d’une autorité  quelle qu’elle soit tient à la rigueur inflexible avec laquelle elle persuade les gens qu’ils sont coupables » Raoul Vaneigem. Un vieux blues dégueule des enceintes perchées.

J’y suis allé au bout de la rue de la Gaieté. C’est un autre monde après la gaieté, c’est le boulevard Edgard Quinet. Une autre exploration. Taciturne et imposante, la tour Montparnasse est plantée là par hasard. Comme une grande gigue elle attend son bus. « Il est plus facile de sourire que d’être heureux » qu’on dit dans le film Fauve

Je suis rue du sourire. Il va falloir creuser sous le sourire, comprendre et vivre, se hasarder au delà des limites convenues, fuir les attitudes de façade, et retrouver la simplicité, la liberté. Réapprendre à marcher sur un fil, celui qui surplombe l’ombre et la lumière. Ne plus en descendre. Ne plus tomber. Ne pas sourire mais rire à la lumière et cracher sur l’ombre.

Retour vers le bar. J’allume une sèche. Le temps de tirer dessus, je marche, passe les boutiques à sexe. 3000 films pour un euros, lingerie fine et accessoires pour se faire plaisir. Ta gueule le plaisir, je veux de l’amour. Y’a la belle tronche de Cali plaquée sur les murs d’un théâtre et sur une porte à côté, celle du fils d’un célèbre clown, en thérapie de nez rouge. Y’en a qui confondent le cirque et l’hôpital. La Gaieté Montparnasse, le Petit Montparnasse, Théâtre Rive Gauche, Bobino, et puis tout en couleurs, en faïences, un théâtre de Comédie Italienne. Y’a du mouron chez les comédiens, coupes de crédits, fermeture… Je reviens au port.  J’embouque les passes, les eaux calmes du café, les tables rouges sur bâbord,  le comptoir en bois couvert d’un zinc, à tribord et, la petite table en face d’un funambule, tout en ferraille et plaqué sur un mur, les miroirs et « One more Time », John Lee Hooker. One more time…

Retour dans le métro. Y’a une indienne enceinte qui parle toute seule. Elle n’a pas de téléphone portable. C’est de l’Indi et c’est pas du virtuel, peut être qu’elle parle à son bébé.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Philippe Maréchal

citoyen du monde
Voir le profil de Philippe Maréchal sur le portail Overblog

Commenter cet article