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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Transhumance, encore et encore

Ah Bourreau tu veux que je te parle de la mort ? Alors tu es servi, de quoi d’autre est il question dès que l’on marche, où donc mènent ces pas du troupeau qui martèlent l’esprit en cadence à coup de cornes et de mandibules, de pieds fourchus et de balancements ? Où va l’escalator sinon vers cet ailleurs à la suite du bon berger, cet autre côté, cet au-delà qui surgira au bout de la draille derrière les montagnes et au travers des vallées. N’en déplaise, si j’ai eu la tentation de prendre des raccourcis afin d’abréger la venue de l’inéluctable, seule liberté qui restât au début du commencement, qui prend son temps à terminer le gourmand et par surprise le facétieux, j’ai entendu la voix merveilleuse pour moi de Jeanne Moreaux qui disait dans son registre grave que la vie était une vallée de larmes certes mais qu’elle était belle aussi cette vallée et entourée de montagnes  et parcourues de torrents et de rivières et parfois ensoleillée ou bien dans les brumes et là je ne sais plus peut être que j’en ajoute mais au terme elle disait Jeanne que cela en valait la peine  de se laisser aller à la parcourir jusqu’au bout puisque cette expérience était la notre et qu’elle était unique...Alors je me suis dit que peut être et pourquoi pas, « l’espérance est un risque à courir » dit Bernanos interpellant le passant qui verra sa tombe tout aussi bien que le « ne bougez plus » du photographe ad patres...Vois tu Bourreau, veux tu que je te dise encore ce qu’il advînt au détour du chemin rocailleux, là haut alors que le retour touchait à sa fin en son dernier quart ? De la crête le regard portait aussi loin qu’en permît le temps, au travers d’un ciel tourmenté, d’un temps qui venait du sud comme le marin, ce vent d’ici qui apporte son lot de nuages chargés et qui viennent buter sur le massif des Cévennes pour pisser sur ses flancs. A la halte du déjeuner, le regard de Bernard se portait au loin, là où il devinait qu’en des temps plus cléments il avait vu, le Pic Saint loup et le mont Saint Claire, la montagne de Sète...On était reparti et la progression reprenait à flanc de montagne,  dans les senteurs humides et à rouler sur les châtaignes qu’avaient laissées les brebis emportées par leur marche du retour. J’avançais  sur un chemin escarpé, rocailleux, dans la châtaigneraie flamboyante à cette époque, et qui descendait plus bas  sous les premiers chênes verts imperturbablement habillés  toute l’année nous attendant en été alors que ma tête se perdait encore dans la brume automnale et savait promise pour l’hiver... Berger, troupeaux et la plupart des marcheurs avaient pris de l’avance tandis que je m’étais arrêté pour pisser, merde moi aussi j’ai été marin et peux bien pisser à flanc de ce rocher, « le nez planté dans les nuages comme je pisse sur mes rêves auxquels je fus infidèle... » restaient devant moi, les deux autres pâtres et une jument blanche menée au licol. Ils m’attendaient comme s’ils eurent l’intuition ce qui suivît. Je les ratrapais et nous marchions en file indienne sur l’étroit sentier qui dominait toute une vallée qui se découvrait en dessous en à-pic. A l’écart dans un virage, s’élançait au-dessus du vide une roche plate, couverte de lichens et en son milieu une forme évidée que fixait un des bergers. J’allais vers lui me détournant du chemin irrésistiblement attiré par son attention soudaine à cette roche et en ce lieux  insolite tant par le vide impressionnant tout autour que par la beauté de l’endroit soudain rayonnant dans le soleil qui perçait la voute céleste...Habituellement j’ai le vertige mais là j’avais des ailes et des semelles de plomb. Est-ce que tu vois me dit il ?       

Qui peut dire où vont les fleurs du temps qui passe saurons nous un jour ? Chante Marlène Dietrich. A suivre...

 

 

 

 

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Philippe Maréchal

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mobensim 20/11/2009 01:24


Oui, Bourreau, c'est tonton Georges qui fait des pieds de nez à la mort...
La fauchette décharnée qui fait la pute "en relevant un peu plus haut qu'il n'est décent, son suaire"...
Mais, bon, revenons à nos brebis...


Bourreau fais ton office 19/11/2009 20:33


Tiens ? gamin j' ai fait un masque de terre cuite qui ressemble beaucoup à celui là !
C' est le masque que la mort porte pour qu' on ai pas trop peur (quoique) quand on arrive au bout du chemin ... si ce chemin pouvait toujours être aussi agréable que celui que tu décris ...

Mob' : c' est du Brassens, non ? on dirait.


monique 18/11/2009 14:44


"La suite "! m'écrie - je  avec Gwendal
Je ne sais pas ce que tu as vu, mias je sais que tu sais voir.

Quant à la mort :
Oncle Archibald, d'un ton gouailleur, lui dit:"Va-t-en faire pendre ailleurs ton squelette
Fi! des femelles décharnées! vive les belles un tantinet rondelettes, rondelettes."



Gwendal 18/11/2009 13:07


Oh oui ! A suivre, et vite ! Bravo mon Philippe ! Tu m'enchantes les yeux et me réjouies le coeur, merci à toi.