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Le temps qui passe

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J’ai l’air malin avec mes trois arbres de plantés. Quand bien même ils s’ajouteraient aux quatre autres leurs ainés. Et puis aux autres encore les copains de la forêt. Tu auras des fruits, je me suis dit. Tu en auras pour ta famille, pour tes amis et ceux y qui viendront, maraudeurs à la resquille. Mais quoi, cela parait  dérisoire et vague ces quelques gestes à côté  du sommet de Copenhague. Le feu est dans le salon et ils discutent enfermés dans les chiottes ces cons... Mes p’tits arbres c’est un peu de l’ordre du syndrome du robinet qu’on fermerait quand on  se lave les dents poil au menton. Et d’abord qui c’est qui qui faisait çà hein ? Laisser couler de l’eau connement, surement pas d’ici un qui n’a pas de thunes, alors Qui ? J’ai l’air malin, au milieu de toutes leurs piscines au chlore avec mes trois p’tits arbres bio à dire à demain, aux jours meilleurs, aux fruits du futur et quand j’entends bêler ce monde d’andouilles à voter contre des minarets. Ici les clochers ne donnent plus que l’heure. Et encore pas même l’heure juste et qu’en diraient-ils les « justes » d’ailleurs de ce tintamarre de démagogues à gogos. J’ai l’air malin avec mes trois p’tits arbres de la liberté à croquer jusqu’au gout des fruits interdits et à la connaissance séductrice, quand j’entends tous les discours réducteurs et les lavages de cerveaux parce qu’il y a aura des élections et qu’il faudra tenir des discours bidochons et tenir en haleine mauvaise ceux qu’il faudra séduire pour survivre au-delà d’un mandat à son petit privilège. Il l’avait dit Lévinas pas que le pinard c’est pas de la vinasse mais qu’un peuple qui s’interroge sur son indentié c’est qu’il l’a certainement perdue et mieux encore " "Rien n’est plus étrange ni plus étranger que l’autre homme et c’est dans la clarté de l’utopie que se montre l’autre homme. Hors de tout enracinement et de toute domiciliation ; apatridie comme authenticité !"...J’ai l’air malin avec mes trois p’tits arbres sur mon terrain en pente face aux colonnes exaltées dans les tribunes où l’on se refait la guerre à crier gare au grand frisson et à brandir la main pour qui en joue comme de son pied. Alors j’ai posé mon cul au milieu de l’herbe et j’ai récité Prévert et puis Hugo et j’ai gueulé comme un Artaud en beuglant un refrain de Léo à qui voulait l’entendre de trémolo en trémolo... molo, molo, molo m’ont dit en cœur les trois p’tits arbres, tu nous files le bourgeon et tu nous emmerdes, demain  c’est déjà décembre et on veut dormir jusqu’au printemps et refleurir au temps des cerises..      

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