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Le temps qui passe

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samedi 7 octobre 2006, une de ces journées qui m’extrait de la nostalgie des rêves, des horizons lointains et des senteurs marines. Ces rêves et ces illusions qui ne font rien qu’à  me chatouiller le nombril, lorsque je m’apitoie sur moi-même, trop souvent, beaucoup trop. Ce même samedi 7octobre, quelqu’une est venue tracer de manière indélébile ce jour et lui donner pour moi une toute autre signification. Une femme, assassinée dans une cage d’escalier, à Moscou. Anna Politkovskaïa, rédactrice du journal Novaïa Gazeta.

 

Dimanche 7 octobre 2007, une de ces journées….

Anna Politkovskaïa, un an, sans qu’une enquête digne de ce nom n’ai pu faire la lumière sur ton assassinat. Je doute que la décoration offerte par le président Chirac au président Poutine,  finisse par stimuler ce dernier, à la manière d’un talisman, et qu’il finisse par demander à ses conseillers de lui traduire du français, ces mots, médaille de la légion d’honneur.  L’honneur, justement serait peut être que le président Sarkosy, lorsqu’il rencontrera l’heureux récipiendaire, se fende de lui  en réexpliquer le sens. Je n’aime pas vraiment les médailles, mais puisqu’elles existent autant s’en servir.

 

Mardi 7 octobre 2008, Anna Politkovskaïa  cinquante ans…quel âge aurais tu Anna ? Ca ne se fait pas pour une dame… Je t’appelle Anna, tu m’es devenue familière. Je sais que j’aurais rendez vous avec toi chaque 7 octobre, pour parler, de l’année qui vient de s’écouler, en quoi j’ai fait mieux, en quoi j’ai reculé, par petites lâchetés ou déprimes à la noix. Penser à toi c’est toujours l’occasion de penser au courage et à ce qui est essentiel pour moi. C’est un coup de pied au cul, en plein cœur. Qu’en est-il de ceux qui t’ont cruellement atteinte ?

 



C'est Là que c'est...
 

Des fois, j’aimerais bien être un autre, ou bien une autre, enfin, pas moi. Bien sûr, çà surprendrait du monde, enfin, un peu. Des fois, j’aimerais sortir de ma carcasse, m’extirper, juste un peu, à la faveur d’un moment de spleen et aller faire un p’tit tour, juste comme çà, avec une autre tête que la mienne, avec une pensée aussi. Des fois j’aimerais bien réfléchir autrement et peut être que cet autrement, çà s‘appelle réfléchir justement. J’aurais de la réflexion et un sens aigu de ce qu’il faut faire. Je mettrais du cœur à l’ouvrage, enfin j’y mettrais quelque chose. J’aurais de la conversation et un avis bien précis sur toutes choses et en politique et puis sur la crise mondiale aussi. Enfin, je serais informé et puis j’irais au théâtre et au cinéma et puis quand je rentrerais du boulot, je donnerais mon avis, le soir, en fumant une cigarette sur le balcon. Car il y aurait un balcon et puis des gens, en bas, dans la rue, même qu’il y aurait un mec, qui en levant la tête me regarderait avec une tête bizarre. Le mec se dirait, des fois, j’aimerais bien être un autre, ou bien une autre, enfin pas moi.

La rentrée, çà sent la rentrée, çà sent le poissard, le tracassin du mauvais élève, les autres ne m'interressent pas, même lorsqu'il m'est arrivé d'être bon, au fond de moi même j'étais un "mauvais élève". Comme m’a dit une amie, aujourd’hui on dirait un dimanche de rentrée, ou juste avant, ce qui est encore pire. Pire, ce sont les devoirs pas encore faits le dimanche soir et que l'on remettra au lundi matin à la faveur d'un réveil douleureux qui n'aura pas sonné...Pardon du peu à ceux qui rampent sous d’autres cieux, ici, on n’était plus habitué au ciel gris. Ca va péter, ça sent la métaphore, tout est triste et ce vieux monde va finir par disparaître, tout comme ont disparu les étés précédents, auréolés dans mon esprit de gloires de poussières flottant en l’air et au soleil et du sentiment, ou d’un gout, de paradis perdu. L’été s’en va doucement et travaille à saper cette année qui meure comme toutes les autres à la rentrée des classes bien avant qu’elle ne soit enterrée pour de bon en décembre. Je me souviens du poids inimaginable qui me pesait lorsque j’écrivais cette première ligne, au hasard d’une mémoire sélective cependant, Lundi 8 septembre 19...., que je jours à suivre, que de longs mois à s’enfermer dans l’odeur de l’encre et de la craie, et j’étais abasourdi de comprendre que je ne reverrai le jour, la joie, cette notion de liberté intense et illimitée qui m’étreignaient au dernier jour d’école en juin, que je ne la reverrai que dans neuf mois..."Racontez nous vos derniers jours de vacances"...cette année là, j'avais "cartonné" dès la rentrée... 

Ce matin je pars dans tous les sens...ce qui est embêtant dans la politique, c’est le package tordu qui va avec, c’est un peu comme sur une plage de sable, ce qui est embêtant avec le sable...Tenez, plus précisément, le choix quand il existe, c’est très souvent entre pire ou moins pire. On va y venir, voyez d’un coté les grandes idées, les grands principes, la réflexion et puis...les réalités. Ce qui est emmerdant avec la réalité...c’est qu’elle bouge sans cesse, c’est qu’elle est dans l’impermanence et qu’elle se vautre aussi bien dans la vertu que dans la crapulerie infecte ou dans la paresse des cerveaux endormis dans le temps disponible dévolus aux écrans plats...Et ce qui est emmerdant aussi, ce sont tous les fachos à la petite semaine qui vous diront, vous voyez bien, je vous le disais....c’est une honte....je fais mon cake là, non c’est une réflexion que je me fais depuis quelques temps sur la pertinence de l’action dans son acceptation militante. Ainsi deux exemples, le premier, prenez un gars courageux, sis si, il existe, je vous dirai qui c’est si vous insistez, mais là n’est pas le problème, donc,  qui se dévoue pour le combat social. Il a bien perçu, que des marins provenant des pays de l’Est étaient nettement en dessous du traitement social admis par le droit international, ou par exemple le notre...le gars en veut, il lutte, il obtient...résultat, les marins de l’Est se font remplacer par d’autres venus des Philippines je crois...et merde, il a gagné pour la bonne cause et pour les grands principes et dans la réalité, il a perdu, enfin ils ont perdu.

Deuxième exemple, le mini bus du ramassage scolaire, petit exemple certes mais très intéressant pour alimenter l’ordinateur qui nous tient de cerveau...Je suis avec la petite, sur le bord de la route. Il monte vers le dernier hameau, où d’habitude, il prend d’autres enfants...mais là, en cette fin d’année , point d’enfants, depuis une semaine, fait chaud, et puis y’a les brevets, les bacs...Cela ne fait rien, il monte quand même. Il s’arrête au retour à notre hauteur, ma petite grimpe dans le car. Je lui fais remarquer, après un grand bonjour qu’il tourne à vide...et oui dit il, chaque fin d’année c’est comme çà, mais c’est payé, je dois le faire, j’ai un parcours obligatoire dans une autre partie du canton où je sais pertinemment qu’il n’y a aura personne, mais je marque les arrêts...C’est une question de principe et de rigueur en rapport avec la ligne à tenir, et d’ailleurs le conseil général paie pour cela...Le bon sens voudrait que l’on réclamât une économie en ces temps de gazole si cher....mais voilà, ce qui pend au nez, de ce petit transporteur, si l’on tentait de porter la remarque à qui de droit, on comprendrait  que le droit est tordu...c’est tout simplement son remplacement par une grosse entreprise de transport privée qui l’attend et là...tout le monde à part, le gros transporteur privé qui lorgne sur tous les marchés et soigne un futur monopole en pratiquant une concurrence déloyale sur les prix en alléchant les conseils généraux, tout le monde dis-je, perd, à commencer par le petit transporteur qui peut fermer boutique et puis les enfants, qui peuvent dire adieu au petit car du matin et à l’ambiance familiale....Bon en septembre il retournera à plein...

Des exemples tordus de ce genre il n’en manque pas, derrière le bon sens et les bonnes intentions, les intérêts sordides et égoïstes sont à l’affût, et bloquent une société dans un système apparemment très imparfait qui s’adosse en réalité aux assauts de ceux qui cherchent le profit, rien que le profit....La vraie rupture, elle se situerait là, dans la souplesse et l’analyse ponctuelle des faits....pas dans les effets d’annonce pas dans le grandiloquent, pas comme notre président pour tout dire, voyez, celui qui se pare de toutes nos saines colères contre la publicité qui nous enconnarde  pour mieux la redistribuer à ses amis....d’ailleurs je trouve l’idée d’une surprenante et d'une redoutable efficacité, pour supprimer la pub sur le service publique, fallait y penser, il suffit de supprimer le service publique...Ce qui est emmerdant  dans la politique, finalement c’est le sable.

Ca fait  un moment avec Doudou, qui n’est pas vierge mais capricorne, qu’on se demande si on va se marier, une bonne dizaine d’années au bas mot , peut être même plus, va savoir, avec le temps, les neurones s’échappent et la mémoire aussi. Mais l’intention est tenace, et l’actualité en cette matière nous rappelle avec un brin de fraîcheur et d’à propos qu’il est peut être possible de retrouver une certaine virginité voire un brun de jeunesse en convolant devant Monsieur le maire. Et puis on ne sait jamais, si le maire devient président, peut être que Doudou aussi deviendra  première chanteuse de France. Seul souci, que ma mariée  ne corresponde plus à l’image que je m’en étais faite, à mes projections, mes plans pour le futur, une certaine idée de moi-même quoi...Quant à elle si mes blagues à deux balles la font toujours rire, et j’en suis fier après tout, il n’est pas certain, qu’elle ne considère pas qu’il y a tromperie sur la marchandise tant, le brillant esprit qui la fit craquer  il y a quelques années se révéla ensuite un peu juste sur les côtés, donc de quoi peut être intenter un procès sur le tard et sur tromperie quant aux  qualités essentielles du conjoint, à savoir l’ excellence dans le maniement du cerveau en toutes situations. Alors je me raccroche à cette scène de jeunes perdreaux que nous étions, assis à la terrasse d’un café où, dans un accent à crever un abcès de lyrisme, j’entrepris de clamer à la belle combien elle était jolie et finissait imprudemment en lui demandant, et moi comment tu....Et elle me répondit...qu' un homme n’a pas besoin d’être beau pour séduire....

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