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Le temps qui passe

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Elle ressemble à une mante, toujours après lui.

Elle l'enrobe de précaution, toujours le contrôler.

Elle le prépare de façon subliminale, bientôt l'avaler.

Elle va le conjuguer, l'accorder à la mort.

 

Il est une tache dans sa vie.

Il est roux.

Il va ravaler ses flatteries.

 

C'était son idée à lui, aménager les combles.

Chéri, fais attention à l'escalier.

Son dû à elle, sa jolie tête rousse en bas des marches.

 

Une paire de claques, et il a trébuché.

Pas d'héritier, une masse de thunes à retirer.

 

Pour lui, elle avait dit oui au Gard.

Les toilettes dans le jardin, les poux.

Des ténèbres d'ennuis, des années à couver.

Elle a attendu. Dans le noir elle a dormi.

 

Blasée, elle l'a porté au ciel, en fumée.

Pendant la cérémonie, elle avait reniflé. Une cathédrale d'ombres larmoyantes, une nef de pleurs.

 

C'est qu'il était respecté son homme, son mari, son amant.

 

Le coffre enfin descellé. Elle soulève son corps de la chaise, elle écarte le voile de ses yeux. Elle aperçoit sa vie sans lui.

 

 

                                                                                              Karine Bergami

 

 

Avant, une quasi platitude abdominale, quelques relâchements des tissus. De temps en temps, des reflux mordorés, des magmas dégradés, acides.

 

Il avait fallu qu'il vienne un soir d'été. Tout s'était mélangé, le désespoir, le 14 juillet, l'alcool frelaté. Elle s'était pas méfiée, un pompier. En plus, elle était vaccinée. Tout avait glissé, dégénéré, en bas.

 

Désormais, c'était comme une descente d'organe, un feu, une grosseur installée. Sans doute un staphylocoque, doré. Régulièrement des fourmis rouges qui remontent, des ballonnements, des rongements intérieurs. Parfois, des rumeurs venues des entrailles. La douleur de son geste à lui, pas oubliée.

 

Ensuite, la peau crevassée, les parois dilatées, un renflement, une masse brune. Ses muqueuses squattées. Une douleur de soi, de l'autre.

 

L'expulsion de l'ennemi intérieur allait pouvoir commencer.

 

 

Karine Bergami

"Un sacrifice italien" d'Alberto GARLINI (Bourgois). Voilà un roman qui, jusqu'à ses derniers paragraphes, m'aura bouleversé. Sans doute en raison de mes proximités culturelles avec l'un des personnages: Pier Paolo Pasolini.Mais plus que cela: parce qu'il traite des années "noires" (les années de "plomb) de l'Italie. Qu'il le fait sans complaisance.Qu'il entrecroise des destins tragiques. Celui du cinéaste, tel une sorte de Christ contemporain acceptant le sacrifice jusque dans ses ultimes conséquences. Celui d'un autre artiste, un footballeur tout autant génial que rebelle. Ceux des comparses. L'Italie se révèle alors telle qu'en elle-même. Fascinante. En proie à des démons qui sont encore ceux de ce temps. Si semblables, si ressemblants à ceux de ce pays où je survis. Au bout du compte, une oeuvre d'importance, un très grand moment de littérature.
 
 
"Le survivant" d'Antonio SCURATI (Flammarion). Une tuerie quasi ordinaire dans un lycée. Sept cadavres d'examinateurs au baccalauréat. Un seul survivant. Un tueur en cavale: un des examinables. Là encore, l'Italie contemporaine, observée par celui qui ne fut pas sacrifié. Ce roman n'est pas un polar. Mais la  recherche obstinée des causes, endogènes et exogènes, qui ont conduit un jeune homme de vingt ans à accomplir l'irrémédiable. Une recherche qu'accompagne l'introspection du survivant, sous le regard d'une société compatissante. Les questionnements de Scurati sont souvent les miens. Que ce soit sur les problèmes de la violence dans des sociétés qui se donnent l'alibi mensonger de la récuser. Que ce soit sur les questions du devenir de l'institution scolaire.
("Enfin, après le milieu de ce même siècle, quand la marche de l'histoire avait abandonné le pas de l'oie pour adopter celui de l'ivrogne, il n'était resté à l'école, de son grand avenir, que la tâche servile, qui ne lui revenait pas, d'amortisseur social. Elle était devenue une aire de stationnement temporaire pour des millions de jeunes, retardant ainsi leur entrée dans les statistiques du chômage. De cet énorme temple laïque, gardé par la vestale de la connaissance, il ne restait désormais rien qu'un avant-toit, une mince tôle ondulée. Voilà à quoi s'était réduit le berceau de l'humanité future: une marquise pour protéger de la pluie en hiver et du soleil en été, en attendant que passe la navette de l'entreprise en route vers un emploi.")
 
 
"Battement d'ailes" de Milena AGUS (Liana Levi). Un coin de Sardaigne. Préservé des appétits des bétonneurs. Un paradis terrestre dans lequel évolue une adolescente, narratrice des petits riens, des moments de grâce, des émotions, de l'éveil de la sensualité. Quelques personnages hauts en couleur. Les ingrédients d'un roman parfois drôle et enjoué, toujours agréable à lire.
 
 
"Rétro" d'Olivier BOUILLERE (P.O.L.). Roman angotique. Donc très tendance. Donc évitable.
 
 
Je déteste, je réprouve la reconnaissance institutionnelle. Dont ce prix Nobel de littérature. Mais j'admets que s'il est un écrivain français qui mérite une pleine et entière reconnaissance, c'est bien Le Clézio. Un écrivain que je fréquente depuis mes vingt ans, un écrivain qui ne m'a jamais trahi. J'entends par là que cet homme-là ne s'est jamais laissé récupérer par les épiciers en littérature. Son oeuvre m'est un point de repère dans la quête de l'autre, un refuge lors de mes déroutes. L'attribution du prix Nobel n'y changera: jusqu'à mon dernier souffle, je resterai dans la proximité de Le Clézio.
"Bic et autres shorts" de Vitaliano TREVISAN (Verdier). Voilà un modèle d'écriture de nouvelles. Pas des tentatives avortables de romans inachevables. Non, de vraies nouvelles. Qui se suffisent à elles-mêmes. Vous en doutez? En voici donc un prototype.
Nuages
Je n'ai pas de travail. Je n'ai pas d'amoureuse. Je n'ai pas d'amis. Alors j'ai beaucoup de temps. Je suis un privilégié: le temps et l'espace définissent la richesse et la richesse est le privilège du petit nombre. On peut occuper aussi bien le temps que l'espace, mais moi je préfère occuper seulement le temps, en traversant l'espace. C'est pour ça que je marche sans arrêt. La destination n'est pas importante: le fait de maintenir le cap est un pur prétexte pour garder l'équilibre - condition essentielle pour continuer à marcher.
Ce fut donc par hasard que je me trouvai, il y a quelques jours, en train de marcher le long de la route qui mène au village de Fimon. Il était tôt dans l'après-midi et le vent avait lavé l'air de façon merveilleuse. Je levai la tête: au-dessus de la ligne des collines, les nuages dessinaient une autre ligne des collines qui appartenait à une dimension différente.
Ne pouvant grimper sur les nuages, je me dirigeai vers les collines.
Voilà. Tout le reste est à l'avenant. Cela tient quasiment du prodige!
 
 
"Chronique du règne de Nicolas 1°" de Patrick RAMBAUD (Grasset). Non, il ne s'agit pas d'un pastiche de l'autre chronique fort célèbre, écrite par Prosper Mérimée et consacrée à Charles IX. Rambaud s'est attaqué au monarque à contrat à durée déterminable. L'ineffable Nicolas S. Un monstre de vulgarité. Un bonimenteur qui fait affront à la culture française. Un bouquin plutôt bien tourné, férocement drôle. Une chronique qui n'épargne aucun des chambellans, des petits ducs, des cardinaux, des reîtres et des sbires. Mais qui trouve plus que des circonstances atténuantes au Comte de Vil Pin Parasol, comme s'il suffisait de paraître sur certains tréteaux pour bénéficier d'étranges indulgences. Sinon, j'ai beaucoup ri, applaudi, à contempler la décadente société qui génuflexionne devant le Monarque. Même si la chronique a déjà pris des rides, puisque son écriture s'acheva en novembre 2007 et que, depuis, il a coulé beaucoup d'eau sous le pont Mirabeau!
 
 
"Morte-saison sur la ficelle (et autres récits)" de Marie DIDIER (Gallimard). A découvrir. Une écriture. Un style. Du mordant. De l'intelligence. De l'humour. De fulgurantes colères. La vingtaine de récits se savoure. Lâchetés. Mesquineries. Trahisons. Une série de portraits aboutis qui donnent envie de découvrir cette écrivaine dont le nom, jusqu'à ce jour, m'était inconnu.
 
 
"Beau rôle" de Nicolas Fargues (P.O.L.). Pour qui? Pour le lecteur obstiné que je fus? Je m'insurge. Non! Les lieux communs, les clichés éculés m'indisposent. Voilà un objet aisément identifiable, un produit prétendument littéraire. A vous de me prouver le contraire!

André Blanchemanche

Tout comme ici André, avec ses chroniques, Karine revient de temps en temps, avec ses contes dans la gueule ou ses histoires  insolentes, ou ses nouvelles qui baffent, enfin  elle revient, et c'est çà qu'est bien, et c'est mieux quand c'est bien...


...Le dentier dort dans le verre. Le vin rouge pétille de bulles endormies. La télévision hurle et le pape apparaît, rouge. La madone surveille le lit coupable et la machine à coudre veille, trépigne d’une impatience métallique. Le marbre du sol aveugle le visiteur égaré qui glisse. Des magazines racontent la vie des autres aveugles du pays. Le téléphone sonne deux fois par semaine comme une giclure d’huile. Un calendrier se cherche quasi vide, deux rendez-vous chez le médecin. La camomille du soir, espoir de rencontrer Dr. Dieu en présence. Des draps à peine froissés bordent le grand lit. Une balançoire en porcelaine, une femme en drapé est assise dessus en guise d’héritage non désiré. Les vitrines de verre gardent ce qu’il ne faut pas utiliser mais montrer. Un clochard et son chien essaient de se réchauffer autour d’un feu, il neige dans ce Milan d’après-guerre. Des stocks de provision sommeillent, en cas de guerre. Du nougat tendre respire la fleur d’oranger, l’hostie du dessus a sommeillé dans le carton d’emballage. Un balai frénétique ramasse les miettes. La musique du clocher signale une mort de plus. La friandise n’a rien d’attendrie, elle est dure comme la pierre. Une musique de craquements, le dentier est ébréché dans le verre.

Tous les matins la vieille femme se saisit de l’épave, la passe sous l’eau à grand jet, la brosse frénétiquement, pour en extirper les dépôts, les algues de la nuit. Le bas du visage affaissé, elle enduit le bout de plastique d’une pâte rose. Elle l’appuie d’un geste sec dans sa bouche orpheline, la tête légèrement renversée.

 

Karine Bergami

C'est pas tous les jours que j'offre une tribune à un président....

15 juin 2008
>Lettre ouverte d’Evo Morales, président de la Bolivie, à propos de la
>"directive retour" de l’Union Européenne
>MORALES Evo
>
>
>Jusqu’à la fin de la seconde guerre mondial, l’Europe fut un continent
>d’émigrants. Des dizaines de millions d’européens partirent aux
>Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises
>financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la
>persécution des minorités ethniques. Aujourd’hui, je suis avec
>préoccupation le processus de la dite « directive retour ». Le texte,
>validé le 5 juin dernier par les ministres de l’intérieur des 27 pays
>de l’Union Européenne, doit être voté le 18 juin au Parlement
>Européen. Je sens que se durcissent de manière drastique les
>conditions de détention et d’expulsion des migrants sans papier,
>quelle que soient leur temps de permanence dans les pays européens,
>leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et
>leurs efforts d’intégration.
>
>Les européens arrivèrent massivement en Amérique Latine et aux États-
>Unis, sans visas ni conditions imposées par les autorités. Ils furent
>toujours bienvenus et continuent de l’être dans nos pays du continent
>américain, qui alors absorbèrent la misère économique européenne et
>ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent pour exploiter
>les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé
>pour les populations indigènes d’Amérique. Comme c’est le cas de notre
>Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines d’argent qui ont
>apporté la masse monétaire au continent européen du XVIème au XIXème
>siècle. Les personnes, les biens et les droits des migrants européens
>furent toujours respectés.
>
>Aujourd’hui, l’Union Européenne est la destination principale des
>migrants du monde, conséquence de son image positive d’espace de
>prospérité et de libertés publiques. L’immense majorité des migrants
>va a l’UE pour contribuer à cette prospérité, et non pour en profiter.
>Ils occupent des postes dans les travaux publics, la construction, les
>services aux personnes et les hôpitaux, postes que ne peuvent ou ne
>veulent pas occuper les européens. Ils contribuent au dynamisme
>démographique du continent européen, à maintenir la relation entre
>actifs et inactifs que rendent possible vos généreux systèmes de
>sécurité sociale et ils dynamisent le marché interne et la cohésion
>sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes
>démographiques et financiers de l’UE.
>
>Pour nous, nos migrants représentent l’aide au développement que les
>européens ne nous donnent pas –en effet, peu de pays atteignent
>réellement l’objectif minimum de 0.7 % de leur PIB pour l’aide au
>développement. L’Amérique Latine a reçu, en 2006, 68 000 millions de
>dollars de transferts de fonds, soit plus que le total des
>investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ils
>atteignent 300 000 millions de dollars, dépassant les 104 000 millions
>accordés pour l’aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie,
>reçoit plus de 10% du PIB en transferts (1 100 millions de dollars) ou
>un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.
>
>Cela signifie que les flux migratoires sont bénéfiques autant pour les
>Européens que pour nous autres du Tiers Monde, bien que de manière
>marginale puisque nous perdons également des contingents de main
>d’œuvre qualifiés qui se comptent par millions, et pour lesquels,
>d’une manière ou d’une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi
>des ressources humaines et financières.
>
>Lamentablement, le projet de « directive retour » complique
>terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou
>groupe d’États peut définir ses politiques migratoires en toute
>souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des
>personnes soient niés à nos compatriotes et frères latino-américains.
>La « directive retour » prévoit la possibilité d’un emprisonnement des
>migrants sans papier allant jusqu’à 18 mois avant leur expulsion – ou
>« éloignement », selon les termes de la directive. 18 mois ! Sans
>jugement ni justice ! Tel qu’il est aujourd’hui, le projet de texte de
>la directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8, et 9 de
>la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. En
>particulier l’article 13 de la Déclaration annonce :
>
> « 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de
>choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.
>
> 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le
>sien, et de revenir dans son pays. »
>
>Et, le pire de tout, il existe la possibilité d’emprisonner des mères
>de familles et des mineurs, sans tenir compte de leur situation
>familiale ou scolaire, dans des centres d’internement où nous savons
>que les dépressions, les grèves de la faim et les suicides existent.
>Comment peut-on accepter sans réagir que soient concentrés dans des
>camps des compatriotes et frères latino-américains sans papier qui,
>pour une immense majorité ont passé des années à travailler et à
>s’intégrer ? De quel côté est aujourd’hui le devoir d’ingérence
>humanitaire ? Où est la « liberté de circuler », la protection contre
>l’emprisonnement arbitraire ?
>
>Parallèlement, l’Union Européenne essaie de convaincre la Communauté
>Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Equateur et Pérou) de signer un
>« Accord d’Association » qui comprend en troisième pilier, un Traité
>de Libre Commerce, de la même nature et contenu que ceux qu’imposent
>les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la part de la
>Commission Européenne pour accepter des conditions de profonde
>libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété
>intellectuelle ou nos services publiques. De plus, au nom de la
>protection juridique, nous subissons des pressions à propos des
>processus de nationalisation de l’eau, du gaz et des
>télécommunications réalisés à l’occasion de la Journée Internationale
>des Travailleurs (1er mai - NDT). Je demande, dans ce cas, où est la «
>sécurité juridique » pour nos femmes, adolescents, enfants et
>travailleurs qui cherchent de meilleurs horizons en Europe ?
>
>Promouvoir la libre circulation de marchandises et des finances, alors
>qu’en face nous assistons à l’emprisonnement sans procès pour nos
>frères qui essaient de circuler librement, c’est nier les fondements
>de la liberté et des droits démocratiques.
>
>Dans ces conditions, si cette « directive retour » est approuvée, nous
>serions dans l’impossibilité éthique d’approfondir les négociations
>avec l’Union Européenne et nous nous réservons le droit de mettre en
>place pour les citoyens européens les mêmes obligations de visa
>imposées au Boliviens depuis le 1er avril 2007, selon le principe de
>réciprocité diplomatique. Nous ne l’avons pas exercé jusqu’à ce jour,
>justement dans l’espoir de voir de bon signaux de la part de l’UE.
>
>Le monde, ses continents, ses océans et ses pôles, vivent
>d’importantes difficultés globales : le réchauffement climatique, la
>pollution, la disparition lente mais certaine des ressources
>énergétiques et de la biodiversité tandis qu’augmentent la faim et la
>pauvreté dans les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants,
>qu’ils soient avec ou sans papier, les boucs émissaires de ces
>problèmes globaux, n’est pas une solution. Cela ne correspond à aucune
>réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l’Europe ne
>sont pas la faute des migrants, mais le résultat du modèle de
>développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre
>les sociétés des hommes.
>
>Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent, de
>régions du monde telles que le Maghreb, de l’Asie et des pays
>d’Afrique, je lance un appel à la conscience des liders et des députés
>européens, des peuples, citoyens et activistes d’Europe, pour que le
>texte de la « directive retour » ne soit pas approuvé.
>
>Telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est une directive de la
>honte. J’appelle également l’Union Européenne à élaborer, dans les
>mois prochains, une politique migratoire respectueuse des droits
>humains qui permette de maintenir ce dynamisme profitable à nos deux
>continents et qui répare une fois pour toute la terrible dette
>historique, économique et écologique qu’ont les pays d’Europe envers
>une grande partie du Tiers Monde, qui referme une fois pour toute les
>veines toujours ouvertes de l’Amérique Latine. Vous ne pouvez rater
>aujourd’hui vos « politiques d’intégration » comme vous avez échoué
>avec votre prétendue « mission civilisatrice » du temps des colonies.
>
>Recevez, chers tous, autorités, euro parlementaires, camarades, un
>fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier, notre solidarité
>envers tous les « clandestins ».
>
>Evo Morales Ayma
>Président de la République de Bolivie
>
>Traduction : Perrine Escoriguel
>
>Cette lettre du président Evo Morales est traduite dans de nombreuses
>langues par les traducteurs de Tlaxcala.
>

Louis et Geneviève, le 17 juin 2008

 

 

Deux prénoms entrelacés, gravés sur du plaqué.

Un tracteur hypothéqué contre deux alliances usagées.

L'église du quartier.

Les invités, tous morts de vieillesse prématurée.

Pas de vieux, pour le couple sur la pièce montée.

Comme cadeau, elle sans sa robe serrée.

La peau de son cou comme un collier.

Une bonne raison de changer les draps, d'aérer.

Il s'est coupé, un camaïeu rouge sur un fond alcoolisé.

Elle a le regard troublé d'amour forcené.

Se maquiller.

Le crayon dans l'œil a dérapé.

Cataracte oubliée.

La robe de mariée.

Quarante ans enfermée.

Une photo fanée.

Des cheveux clairsemés.

Enfin trouvé.

Un mari, même imbibé.

Une nuit de noces étoilée.

 

Karine Bergami. le 17 Juin 2008

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