Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Pendant ce temps où d'aucuns s'agittent comme ils ou elles le peuvent avec leurs chiffons et leurs fichus en bannières ou en ostentatoire, en péremptoire ou en couvre chef
pendant ce temps là qui fait que le tout le monde cause, vitupère, bat la campagne, s'exprime...d'autres font les frais d'une triste besogne...
J’y suis
retourné, près de mon arbre. Il ne disait rien, comme s’il faisait la gueule. Je voyais bien qu’il regardait ailleurs. Il a des jours comme çà, où bien le vague à l’arbre lui prend comme le
retour d’amertume m’enveloppe. On se ressemble tous les deux. Je me suis dit c’est con. Ca vous arrive non ? Vous ne vous dites jamais c’est con ? Comme toutes ces choses qui nous
bousculent, nous émeuvent, nous submergent sans qu’on puisse y faire quoique ce soit. Comme ce souvenir d’une classe silencieuse encore étourdie d’une colère passée où le moindre incident
amplifiera le sentiment d’outrage à un semblant de sérénité revenue. J’y pensais comme un retour provenant du puits aux souvenirs et y mêlant ce bref entrefilet lu sur Rue 89 que je me
remémorais, à propos de la tête de liste des régionales présentée par Olivier Besancenot à Avignon, une femme voilée...Et voici qu’encore une volée de bois vert s’abattra sur cette affaire contre
l’ indignation calculée et que toutes simplifications de part et d’autre s’affronteront dans un match stérile puisqu’il importe avant tout d’être vus pour avoir, comme un foulard qu’on agite,
d’être pour vu pour se savoir vivre, d’être en vie pour avoir, d’exister au milieu de cette foire d’empoigne qu’est la vie au multiple, la vie foisonnante et
souffreteuse des peuples dont les élites prennent soin de s’écarter jusqu’au moment de s’en servir. Qui comprendra ce qui est en jeu, de la représentation, du spectacle politique, des repères
brouillés, de l’avenir des femmes dans les cités, du parcours et de la dérive des idées obscures et des croyances manipulées qui s’accouplent à toutes les revendications pourvu qu’elles servent,
des anathèmes et des interjections d’offusqués, de combats hypocrites et de misère intellectuelle, du brassage des images et des petites phrases, de la confusion et du
n’importe quoi pourvu qu’on le dise. « La vie c’est se qui se passe pendant qu’on fait autre chose »...c’est une phrase qu’a dit Higelin et qui me revient devant tout ce bordel
politique ou tout est mélangé, simplifié, grossit, vulgarisé et jeté en vrac dans l’arène comme si tout concourait à provoquer le plus d’approximation et de confusion des fois
que d’aucuns soient encore capables d'énoncer avec justesse et clarté ce que sont les valeurs liberté, égalité et fraternité. C’est à pleurer, entre les
titres du Figaro et les annonces du NPA, de Georges Frêche à Sarkoy, de Besson à Peillon, c’est à pleurer en rond et à se pisser sur les godasses. Je ne sais pas grand chose, juste qu'on démolit
notre planète à grande vitesse, que l'injustice et la connerie sont exercébées, et que pour le reste, le cirque continue.
A table avec le couvert y’avait toujours une branche de céleri. C’est surement la neige qui tombe sur la montagne, là bas au fond d’vallée et j’ai les yeux un peu embués. Une bière et j’voudrais m’envoler comme Charlebois sur Québec Air...Il y a si longtemps et quand j’ferme les yeux je ‘m souviens à l’arrière de la grand Osmobile, dans cette espèce de grand char on traversait les villes, les villages sous la neige, les camions étaient gros comme les maisons endormies avec leurs chaises roulantes, y’avait du céleri dans les baffles aussi et Neil Young qui coulait comme du sirop d’érable, dans un bar des grands gaillards aux blouses à carreaux buvaient leurs bière et leurs barbes dégelaient en musique et en gouttant sur la table, chez mon pote, y’avait de l’accent et quand on est arrivé sa blonde a demandé comment c’était aujourd’hui, il a répondu c’tait mort y’avait personne. Mon pote y tenait un salon funéraire... A table avec le couvert y’avait toujours une branche de céleri. C’est surement la neige qui tombe sur la montagne, là bas au fond d’vallée et j’ai les yeux un peu embués.
C’est pas pour
me gratter mais de la simplification, je m’en fais des tartines. Tout à l’heure je n’avais rien d’un héros. J’étais son contraire. Moi que ne mets jamais les pieds dans un super marché, j’y étais.
Passe les raisons qui sont saugrenues. Mais j’avais honte d’être là. J’avais envie de m’excuser. Inexcusable. C’est comme si j’allais faire mes courses chez TF1. Dans les rayons, des produits
raccords avec la musique de chiotte qui mettait de l’ambiance à cette mauvaise odeur générale. C’est pourtant simple, d’habitude je ne vais jamais là, comment se fait ce ?
J’étais à l’aise comme un discours du président dans un caddie. Je sais, j’en ai eu des extraits ce matin à la radio. On devrait lui mettre une musique chiotte aussi avec un diffuseur de parfum de
super marché quand y cause dans le poste. Bon c’est tout pour aujourd’hui c’est bien assez que je sais que le chômage va baisser. Moi aussi.
Etre simple, garder son sourire. Pourtant la tache est complexe qui consiste lire avec simplicité ce qui se décrit dans un ensemble compliqué. Simplifier c’est aussi risquer de trahir, simplifier c’est risquer mentir. Les idéologies, les fanatismes, les immobilismes, tous assis sur une apparente simplicité exhibent avec impudeur leur art de la simplification. Défonçage de portes ouvertes sur décervelage multiplié par la racine carrée de l’enconardage sur fond de peur d’apathie et hop, on a droit au courrier des lecteurs. Tout est complexe et c’est dans la contradiction et le paradoxe qu’il est possible d’en percevoir le mécanisme par un peu de...simplicité. Seul un sourire contient toutes ces évidences et se pare des attributs de la subversion . Et l’adjudant qui disait, v’foutez d’ma gueule, M'sieur Maréchal ?- Ah non m’sieur l’adjudant j’oserais pas...
Y’a des petits matins
comme çà où je me demande...Où je me dis que mon petit cerveau est coincé comme une andouille dans un slip trop p’tit. Petits tracas du matin, et tout parait emmerdant et énervant au possible et
nul et...dérisoire face à l’incommensurable, au non mesurable, au trop plein de misère et d’infortune qui touche ceux qui ont faim, et soif de justice comme dit la prière...Que faire et dire avec
Haïti quand on se casse la gueule au bas de son escalier, tout seul alors qu’on cherchait une paire de lunettes...Que faire et dire avec son mal de tête quand on sait qu’un arrêté va autoriser en
France la dissémination par recyclage des déchets radioactifs par exemple présent dans les bétons des vieilles centrales nucléaires...Que faire et dire quand on a déjà mal au cul de cette
ambiance délétère due au débat sur l’identité nationale quand se poursuit la chasse aux sans papiers jusque dans les centres Emmaüs où Papy L’abbé Pierre n’est plus là pour gueuler contre les
ignobles et les faquins de butor de pied plat ridicule, pour en reprendre du Rostand...Que faire et que dire quand pendant ce coup de froid, le pôle se réchauffe et que ma vieille bagnole crache
par son pot ces effluves témoignant de ma connerie grave à vouloir exister au volant d’une guimbarde qui me mène à un hypothétique boulot dont je me dis qu’il restera dans les mémoires comme un
coup de bilboquet à la cour du roi Henri le lichou...Que dire et que faire quand je me dis qu’il faut que je m’en trouve une pas chère vu qu’elle me lâchera et que je sais que les pas chères le
sont à cause des délocalisations dues au dumping social qui font bosser les uns pour pas chers pour que d’autres au chômage pour à peine plus cher exploitent les premiers pour le profit des 40
salopards. Alors que faire ? Merdre, j’y vais pas, ma Kaméra elle restera, je retourne chez moi et je me fais un café et je gueule utain de bordel de nom de D...Ya des matins comme çà....
Y’a des petits matins comme çà où je me demande où sont partis Lhasa et Mano Solo et ma belle soeur...Où je me dis que mon petit cerveau ridicule est coincé comme une andouille dans un slip trop
p’tit. Petits tracas du matin, et tout parait emmerdant et énervant au possible et nul et...dérisoire face à l’incommensurable, au non mesurable, au trop plein de misère et d’infortune qui touche
ceux qui ont faim, et soif de justice comme dit la prière...
Copenhague...Copenhague qui s’étire en
longueurs d'interminables tergiversations... »Avec l’aumône des pays riches on n’aura même pas assez pour se payer des cercueils »...Ce matin dans mon poste, Leïla Chahid...j’ai
l’impression d’avoir toujours entendu Leïla Chahid... Et puis,bientôt je vais reprendre la route, bientôt...suivre la ligne des camions, le train géant de camions et son cortège de bouteilles de
pisses...je sais pas pourquoi c’est toujours la même histoire de camions qui puent, de guerres qui puent et d’hypocrise qui pue. Je ne connais rien du proche orient mais j’aime bien Leïla, elle
répète toujours la même chose avec les mêmes mots, si...Ouais si...c’est quand qu’on descend de ces putains de camions.
fleurs et tomates